Le studio derrière Elden Ring et Bloodborne persiste et signe. Alors que des actionnaires activistes de la maison mère Kadokawa réclament des suites plus formatées, Hidetaka Miyazaki vient de réaffirmer que FromSoftware ne sacrifiera jamais sa prise de risque créative sur l’autel de la rentabilité. Une position forte, portée par des résultats commerciaux qui parlent d’eux-mêmes.
Une indépendance créative revendiquée par Miyazaki
Le président de FromSoftware l’a dit sans détour : le studio préfère conserver une approche prudente et des attentes conservatrices. Cette discipline offre selon lui une marge d’erreur précieuse, celle qui permet de concevoir de meilleurs jeux. « Nous ne partons jamais du principe qu’un succès comme Elden Ring se reproduira automatiquement », a expliqué Miyazaki. Une rigueur financière qui, loin de brider la création, la libère. Le directeur se dit d’ailleurs « généralement satisfait » de l’environnement de développement actuel chez FromSoftware, où les équipes peuvent créer les jeux qu’elles veulent « sans ingérence excessive ».
Kadokawa sous pression, mais le cap tient
Cette déclaration intervient dans un contexte de pression actionnariale accrue autour de Kadokawa, maison mère du studio. Certains investisseurs activistes critiquent notamment la rentabilité et l’exploitation internationale des franchises de FromSoftware. La direction de Kadokawa a publiquement résisté à ces demandes, affirmant que ses décisions ne sont pas dictées par les actions d’actionnaires individuels. Une ligne qui résonne avec la philosophie de Miyazaki.
Pas d’Elden Ring 2 à court terme, Bloodborne verrouillé
Interrogé sur la question des suites, le créatif japonais a rappelé que FromSoftware ne planifiait pas Elden Ring 2 à court terme. Plus largement, le studio s’est toujours illustré par son ouverture à de nouvelles licences, plutôt que par le prolongement systématique de ses séries. Cela ne signifie pas qu’aucune suite ne verra jamais le jour, mais l’exploitation des propriétés intellectuelles reste millimétrée. Le cas de Bloodborne est exemplaire : Brandon Sheffield, proche du milieu, a affirmé que « plus de dix » studios avaient proposé des concepts de remake, de suite ou de spin-off. Toutes les offres ont été refusées, démontrant un contrôle strict des licences.
Elden Ring, le triomphe qui valide tous les choix
L’histoire donne raison à FromSoftware. Depuis ses débuts avec King’s Field en 1994 sur PlayStation, puis avec Armored Core, le développeur japonais a patiemment bâti une réputation de jeux exigeants. Le tournant Demon’s Souls (2009) a imposé une formule qui a essaimé avec Dark Souls, Bloodborne et Sekiro: Shadows Die Twice. Mais c’est Elden Ring, action-RPG en monde ouvert sorti le 25 février 2022 sur PS4, PS5, Xbox One, Xbox Series X/S et PC, qui a tout emporté. Avec plus de 30 millions d’exemplaires écoulés, un Game of the Year aux Game Awards et une extension Shadow of the Erdtree déjà vendue à plus de 10 millions d’unités depuis juin 2024, le titre s’est imposé comme l’un des plus grands jeux de tous les temps. Un portage sur Nintendo Switch 2 est même prévu pour le 28 août 2026.
Un gameplay libre mais jamais édulcoré
L’univers de dark fantasy de l’Entre-terre, co-écrit avec George R. R. Martin, a séduit par sa structure ouverte et ses Legacy Dungeons labyrinthiques. Le joueur y incarne un Sans-éclat, libre d’aborder les zones dans l’ordre de son choix, de combattre à cheval grâce à la monture Torrent ou d’explorer des classes et builds d’une richesse folle. L’exigence reste le pilier de l’expérience, mais la multiplicité des outils (invocations, sorts, cendres de guerre) a élargi l’accessibilité sans jamais brader l’ADN du studio. FromSoftware a toujours refusé d’ajouter un mode facile, préférant offrir plus de solutions plutôt que de baisser la garde. Une philosophie que le spin-off multijoueur Elden Ring: Nightreign, sorti en 2025, s’est contenté d’explorer sous un autre angle.
Un avenir tracé sans compromis
Avec une adaptation cinéma déjà en production pour 2028, la licence Elden Ring est devenue une franchise transmédia majeure. Pourtant, Miyazaki martèle que cette réussite n’est pas un dû, et que maintenir la même discipline que lors des années FromSoftware de niche reste la clé. Une ligne qui protège le studio des dérives, et promet aux joueurs que les prochaines créations continueront de vibrer de cette même exigence, sans chercher à cocher les cases des investisseurs.



