Le Nintendo eShop a un problème sérieux, et Dead Gears: Space of War en est l’illustration parfaite. Prévu pour le 29 mai, ce jeu cumule tous les défauts du shovelware moderne : visuels générés par IA, emprunts éhontés à de grandes franchises, et bande-annonce qui ne ressemble en rien aux assets promotionnels utilisés.
Un clone qui ne se cache même pas
Le key art de Dead Gears: Space of War parle de lui-même : le symbole Cog directement emprunté à Gears of War, la typographie de Dead Space, le tout posé au-dessus d’une illustration vraisemblablement générée par intelligence artificielle. L’éditeur derrière ce projet, Consann Real Estate, n’en est pas à son coup d’essai. La société a déjà publié de nombreux jeux de type « Simulator » ainsi qu’un certain Fall Buddies, qui n’a probablement rien à voir avec Fall Guys. Probablement.
La bande-annonce du jeu ne redresse pas la barre. Ce qui devrait être un aperçu convaincant se résume à un teaser générique, sans aucun lien visible avec les visuels promotionnels. Un écart qui, chez ce type d’éditeur, n’a rien d’accidentel.
Un eShop infesté malgré les efforts de Nintendo
Le cas Dead Gears n’est que la partie émergée d’un iceberg bien plus massif. Le Nintendo eShop est aujourd’hui envahi de jeux à faible effort : asset flips, clones de franchises populaires, visuels IA qui survendent des productions indigentes. Les développeurs de ces titres ont rodé leurs techniques : prix artificiellement gonflés avant une remise spectaculaire, plusieurs versions d’un même jeu publiées simultanément, et des noms conçus pour tromper les algorithmes de recherche.
Nintendo a bien tenté d’agir l’an dernier en modifiant l’algorithme de l’eShop pour déprioritiser le shovelware, mais cette mesure reste insuffisante face à l’ampleur du phénomène. La section « eShop Highlights » est relativement sûre, mais dès que l’on s’aventure dans les autres rayons de la boutique, c’est le far west. Le cas de Lotzo and the Ray of Light, documenté par la chaîne YouTube Rerez, illustre à quel point certains titres peuvent être problématiques sans jamais être retirés de la vente.
Un problème qui dépasse Nintendo
Le shovelware ne se contente pas d’agacer les joueurs : il prive les vrais développeurs indépendants de visibilité dans un marché déjà saturé. Vendre un jeu vidéo n’a jamais été aussi difficile, et la concurrence déloyale de titres aux noms trompeurs ou aux contenus mensongers aggrave encore la situation.
PlayStation, Xbox et Steam sont confrontés au même problème. Mais des actions concrètes ont été menées ailleurs : Sony a récemment supprimé plus d’un millier de jeux d’un même éditeur de son PlayStation Store, balayant une quantité substantielle de shovelware ainsi qu’un clone de GTA 6. Nintendo, lui, semble encore loin d’une réponse aussi décisive.
