Pals de Palworld observant le logo de Nintendo qui s'effrite apres des revers juridiques majeurs au Japon et aux USA.

Palworld : Nintendo perd coup sur coup devant l’office des brevets japonais et américain

Lili · · 4 min · 0 commentaire

La pression juridique que Nintendo fait peser sur Pocketpair depuis le lancement de Palworld vient de prendre une tournure inattendue. Les offices des brevets au Japon et aux États-Unis ont successivement rejeté les demandes du géant de Kyoto, fragilisant une stratégie qui semblait pourtant taillée pour ce survival-crafting phénomène.

Un premier revers cinglant au Japon

Le 22 octobre 2025, l’Office des brevets du Japon a porté un coup sévère aux ambitions de Nintendo. La demande de brevet numéro 031879, pièce maîtresse du conflit autour des mécaniques de capture de monstres dans Palworld, a été purement et simplement rejetée. L’argument de l’examinateur est implacable : l’invention revendiquée manque totalement d’acte inventif.

Pour motiver sa décision, l’office a convoqué un véritable panthéon du jeu vidéo comme antériorités techniques. Des titres aussi variés qu’ARK: Survival Evolved, Monster Hunter 4, Craftopia, Kantai Collection ou encore Pokémon GO sont cités. Tous ces jeux, disponibles avant la date butoir de décembre 2021, démontrent que les mécaniques revendiquées par Nintendo n’avaient rien de nouveau ni de non-évident pour un professionnel du secteur.

La débâcle se confirme aux États-Unis

Si le camouflet japonais était sérieux, celui infligé par l’Office américain des brevets et des marques est encore plus lourd de conséquences. En mars 2026, le régulateur a émis un rejet non-définitif de l’intégralité des 26 revendications d’un autre brevet, obtenu en septembre 2025, qui portait sur des mécaniques d’invocation et de combat. Le document, une office action de 104 pages, est le résultat d’une procédure de réexamen déclenchée dès novembre 2025.

Pour les spécialistes en propriété intellectuelle, le message est clair. L’experte juridique Florian Mueller, cité par IGN, estime que Nintendo se trouve dans une position très délicate. Même en cas d’hypothétique victoire contre Pocketpair devant le tribunal de Tokyo, les gains seraient dérisoires. Une éventuelle injonction pour faire cesser l’exploitation du jeu aurait une portée pratique quasi nulle, et les dommages et intérêts pourraient plafonner à 30 000 dollars, soit environ 450 000 yens.

Le succès commercial, point de départ de la saga

Il faut se souvenir que Palworld a débarqué comme une comète dans le paysage vidéoludique le 19 janvier 2024 en accès anticipé sur Windows et Xbox Series / Xbox One. Le cocktail détonnant imaginé par Takuro Mizobe et ses équipes, mêlant capture de créatures, survie, construction de base et combats en monde ouvert, a immédiatement trouvé son public. Le cap du million de ventes a été franchi en seulement huit heures. Trois jours plus tard, le jeu dépassait les 5 millions d’unités écoulées, pour atteindre 8 millions en moins d’une semaine. Sur Steam, le titre a culminé à environ 1,29 million de joueurs simultanés, le plaçant parmi les plus gros pics historiques de la plateforme.

Le projet, dévoilé dès 2021, avait été montré au Tokyo Game Show 2022. Il assumait de fusionner l’ADN des jeux de créatures avec celui des survivals sandbox comme ARK, en y ajoutant une couche d’automatisation et la possibilité de donner des armes à ses Pals. Une hybridation clivante qui a déclenché autant d’enthousiasme que de polémiques sur les ressemblances artistiques avec les créatures de Pokémon. Depuis, le jeu a poursuivi son expansion, avec une sortie en accès anticipé sur PlayStation 5 le 24 septembre 2024, puis une version macOS le 4 mars 2025, avant une sortie complète en version 1.0 prévue le 10 juillet 2026.

Un troisième rejet qui assombrit l’horizon de Nintendo

Comme si la situation n’était pas assez critique, un troisième coup est venu s’abattre sur la stratégie de Nintendo. Le 24 avril 2026, l’Office des brevets du Japon a de nouveau rejeté l’une de ses demandes, cette fois concernant un brevet d’écran tactile portant le numéro 2026-019762. Les raisons avancées sont identiques, et la conclusion de l’examinateur sans équivoque : il s’agit simplement d’un ensemble de règles génériques applicables à des monstres, dénué de toute innovation technique.

Cette accumulation de décisions défavorables redessine drastiquement les rapports de force. Porté par un succès commercial intact et une communauté fidèle, Pocketpair semble désormais en position de force dans la bataille juridique qui se joue au tribunal de district de Tokyo. Pendant ce temps, Nintendo se voit contrainte de repenser intégralement une stratégie contentieuse qui, pour l’instant, ne produit que des déconvenues devant les offices de brevets du monde entier.

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