Et si le prochain grand life-sim cozy se déroulait entièrement de nuit, dans un village peuplé de vampires, de loups-garous et de sorcières ? C’est le pari de Little Chicken avec Moonlight Peaks, prévu pour le 7 juillet sur PC, Nintendo Switch et Nintendo Switch 2. Après cinq heures passées sur la démo, voici ce qu’on en pense.
Héritier de Dracula cherche nouvelle vie
Le pitch est immédiatement accrocheur. Vous incarnez l’héritier du comte Dracula, qui, après une énième dispute avec son père aussi avide de sang que d’âmes, décide de tout plaquer pour s’installer dans le village natal de sa mère, une sorcière. Ce village, c’est Moonlight Peaks. À votre arrivée, les habitants ont déjà des opinions bien tranchées sur votre père et sa réputation, mais ils en ont aussi sur à peu près tout le reste. Vampires et loups-garous se chamaillent régulièrement, et la quête principale du début du jeu vous demande de retrouver un artefact susceptible de réconcilier les chefs de deux familles rivales. Autant dire que les rancunes immortelles ont la vie dure.
Un village vivant, mais des dialogues trop limités
Ce qui frappe d’emblée, c’est la richesse des relations entre les habitants. Chaque personnage semble avoir un avis sur les conflits locaux et des liens préexistants avec les autres résidents. Le souci, c’est que les interactions avec le joueur sont beaucoup trop maigres : chaque personnage dispose d’une seule réplique avant que la conversation ne se résume à un menu de cadeaux. Passé ce premier échange, le silence s’installe, et le village, pourtant prometteur, finit par paraître vide.
Dommage, parce que les personnages eux-mêmes sont réussis. Moonlight Peaks évite le piège des PNJ codépendants et propose des individus qui ressemblent à de vrais adultes, avec des portraits au style mature, bien loin des codes habituels du genre cozy. Le jeu annonce pas moins de 24 options de romance (dont des fantômes, des serpents et d’autres créatures), et dans la démo, la grande majorité semblait disponible. Fiona, Saga et Alina se sont imposées comme des favorites, les personnages féminins paraissant globalement plus travaillés que les masculins.
Un gameplay nocturne classique, avec quelques pouvoirs sympas
Côté mécanique, Moonlight Peaks reste très proche du farming-sim traditionnel. La journée commence au coucher du soleil, ce qui offre la rare opportunité de vivre dans une ville nocturne, mais les activités restent familières : agriculture, cueillette, pêche, drague et minage. Le combat est absent, remplacé par la chasse à des sprites rapides lâchés par un démon rôdeur, à attraper avec un filet. L’idée est là, mais l’exécution semble un peu terne et plaquée.
En tant que vampire-sorcier hybride, le joueur dispose de quelques capacités spéciales : la transformation en formes animales et la magie. Un sort permet par exemple d’arroser les plantes sans arrosoir, via un mini-jeu de mémoire sur un cercle magique. C’est une bonne idée pour donner de la texture aux sorts, même si on peut craindre que ça devienne répétitif à la longue. D’autres activités sont promises pour la version finale, comme l’arrangement floral, la broderie, la fabrication de potions et un jeu de cartes appelé Nokturna, mais aucune n’était disponible dans la démo.
Le vampirisme, grand absent de l’expérience
La vraie déception vient de là : les mécaniques vampiriques sont quasi inexistantes. Certes, vous ne pouvez pas sortir en plein jour, ce qui donne un peu de saveur au rythme de la journée. Mais l’impossibilité d’entrer chez les gens sans invitation, le besoin de sang, le charisme naturel des vampires… tout ça est absent. Il y avait matière à intégrer quelque chose d’original, même dans un cadre cozy, sans forcément verser dans le gore.
Une direction artistique réussie, un sound design à revoir
Visuellement, le jeu est une vraie réussite. La palette de couleurs violettes omniprésente pourrait sembler excessive sur le papier, mais elle fonctionne parfaitement : le village dégage une atmosphère envoûtante, esthétiquement cohérente et pleine de charme gothique. On a hâte de voir comment les saisons feront évoluer ces environnements, la démo ne couvrant que le printemps.
En revanche, la conception sonore est le point le plus faible. La musique est si discrète qu’on pourrait jouer en sourdine sans vraiment s’en apercevoir. Des ambiances légères ne suffisent pas à habiller l’expérience, et c’est un chantier à traiter avant la sortie de juillet. Les catalogues de meubles et de vêtements, entrevus brièvement, semblent en revanche prometteurs pour les amateurs de personnalisation poussée.
En l’état, Moonlight Peaks est un life-sim gothique attachant mais inachevé. Son concept est original, son univers a du potentiel, et il reste quelques semaines de développement pour corriger les points faibles. Sortie prévue le 7 juillet sur PC, Nintendo Switch et Nintendo Switch 2.



