L’actualité autour de la Switch 2 s’accélère, mais une annonce récente concernant Pokémon Colosseum a laissé un goût amer chez de nombreux passionnés. Ce qui devait être un moment de célébration pour ce classique GameCube s’est transformé en une vague de frustration sur les réseaux sociaux.
L’annonce officielle qui déçoit
Nintendo a officialisé une annonce autour du titre culte, et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’attente des fans n’a pas été comblée. Les joueurs espéraient ardemment un remaster, un portage ou une suite directe exploitant les capacités de la nouvelle console. Au lieu de cela, la communication est restée bien en deçà des attentes, sans évoquer le moindre retour de la région d’Orre sur le hardware moderne. Cette déception est d’autant plus vive que le jeu, premier véritable RPG Pokémon en 3D sur console de salon, occupe une place à part dans le coeur des joueurs.
Un spin-off plus sombre et audacieux
Sorti en novembre 2003 au Japon puis en mai 2004 en Europe, Pokémon Colosseum a marqué les esprits par son ton radicalement différent des épisodes portables. Développé par Genius Sonority, un jeune studio fondé par des vétérans de Dragon Quest et EarthBound, le jeu propose une aventure scénarisée dans la région aride d’Orre. Ici, pas de Ligue Pokémon ni de parcours classique : vous incarnez Wes, un ancien membre de la Team Snagem, une organisation criminelle qui utilise une machine pour voler les Pokémon des autres dresseurs.
Le scénario introduit les Pokémon Obscurs, des créatures modifiées génétiquement, entourées d’une aura noire et transformées en véritables armes de combat par l’organisation Cipher. Accompagné de Rui, une jeune femme capable de détecter ces spécimens, votre mission consiste à les capturer, puis à les purifier pour leur rendre leur état normal. Cette mécanique de « snatch » remplace totalement la capture de Pokémon sauvages, absents de la région d’Orre dans cet épisode.
Des combats dynamiques et un pont avec la GBA
Le gameplay mise sur des affrontements en deux contre deux quasi-systématiques, une formule qui change profondément la construction des équipes par rapport aux versions Game Boy Advance. Le jeu fait également office de hub 3D pour les jeux portables de l’époque : grâce au câble NGC-GBA, les joueurs pouvaient transférer leurs Pokémon depuis Rubis, Saphir ou Émeraude et les voir combattre en 3D. Un disque bonus de précommande permettait même d’obtenir des starters spéciaux, comme ceux de Johto.
Un succès colossal, mais un héritage en suspens
Avec plus de 2,41 millions d’unités vendues dans le monde, Pokémon Colosseum s’est hissé à la neuvième place des meilleures ventes de la GameCube. Un triomphe qui a directement engendré une suite, Pokémon XD : Le Souffle des Ténèbres en 2005, corrigeant certains défauts et ajoutant des zones de capture sauvages. Pourtant, depuis la Wii et Pokémon Battle Revolution, Genius Sonority n’a jamais retrouvé cette formule d’aventure solide à laquelle les joueurs sont restés attachés.
Un éventuel portage sur Switch 2 pose de vrais défis techniques : comment gérer la compatibilité avec le Pokémon Home moderne ? Faut-il conserver la structure fermée du jeu original ou intégrer des éléments de confort ? Pour l’instant, le silence de Nintendo sur ces questions alimente la frustration. Le ton plus mature de ce spin-off, qui osait aborder la criminalité et la manipulation génétique bien avant les arcs dramatiques des jeux récents, reste une référence que beaucoup aimeraient voir renaître.

