📋 Sommaire
- 1Une transition « naturelle » vers le tout numérique
- 2Vos anciens jeux sont sauvés, le store de la PS3 et de la PS Vita disparaît
- 3Nintendo, l’autre chemin : la force du marché français et de la cartouche
- 4La cartouche Switch, un atout nomade contre le Blu-ray de salon
- 5Des licences taillées pour la durée et le commerce de proximité
L’information est tombée le 1er juillet 2026 et elle fait l’effet d’une bombe pour tous les collectionneurs : Sony arrête la production de disques physiques pour l’ensemble des nouveaux jeux PlayStation à compter de janvier 2028. Une bascule intégrale vers le dématérialisé qui contraste radicalement avec la stratégie maintenue par Nintendo, dont le modèle hybride continue de faire la part belle aux cartouches de jeu.
Une transition « naturelle » vers le tout numérique
Annoncée officiellement sur le PlayStation Blog, cette décision est présentée par Sid Shuman, directeur principal de la communication des contenus chez Sony Interactive Entertainment, comme une « direction naturelle ». La justification avancée est sans appel : les préférences des consommateurs ont massivement basculé, avec 85 % des ventes qui sont désormais numériques. La mort programmée du disque n’est donc pas présentée comme une rupture brutale, mais comme une adaptation logique à un marché où le téléchargement règne en maître.
Dans les faits, ce virage signifie qu’à partir de janvier 2028, tous les nouveaux titres, qu’ils soient issus des studios PlayStation ou de développeurs tiers, seront disponibles exclusivement en format numérique. Les joueurs n’auront d’autre choix que de passer par le PlayStation Store ou de se procurer des codes de téléchargement auprès des revendeurs. Une page se tourne, et la disparition du support optique est totale : cette mesure concerne l’intégralité du catalogue à venir, sans exception.
Vos anciens jeux sont sauvés, le store de la PS3 et de la PS Vita disparaît
Sony a toutefois tenu à rassurer sa communauté sur un point crucial : la fin du disque n’est pas rétroactive. Tous les jeux déjà commercialisés, ainsi que ceux dont la sortie est programmée avant l’échéance fatidique de janvier 2028, continueront d’exister sur support physique. Les possesseurs de jeux boîte ne seront donc pas lésés et pourront toujours en profiter pleinement, à condition de posséder un lecteur de disque sur leur console.
En parallèle de cette annonce majeure, le constructeur confirme la disparition progressive du PlayStation Store sur les anciennes machines. Dès le mois d’août 2026, la boutique fermera ses portes sur PS3 et PS Vita dans plusieurs marchés, avant de cesser définitivement toute activité en Europe en juillet 2027. Un calendrier de retrait qui souligne encore un peu plus la volonté de Sony de tourner la page des supports physiques et des écosystèmes vieillissants.
Nintendo, l’autre chemin : la force du marché français et de la cartouche
Pendant que Sony trace cette route rectiligne vers le tout-dématérialisé, Nintendo cultive un tout autre jardin. Le géant de Kyoto n’a jamais cédé à la sirène du « full digital » et maintient une politique hybride où le jeu en boîte occupe encore une place fondamentale. Quand Sony voit dans la dématérialisation une évolution inéluctable, Nintendo y lit encore un choix de consommateur qu’il serait prématuré, voire dangereux, d’ignorer.
Cette divergence stratégique est particulièrement visible sur le marché français. En 2024, le secteur du jeu vidéo y a généré 5,68 milliards d’euros, en léger repli après le sommet historique de 6 milliards d’euros atteint en 2023. Si le dématérialisé domine certains segments, la culture de la boîte de jeu reste solidement ancrée, notamment dans les habitudes des familles et des collectionneurs. Le SELL a d’ailleurs souligné en 2020 que sur les 27,5 millions de jeux complets vendus dans l’Hexagone, le support physique représentait encore une part non négligeable de l’économie du secteur. Le ministère de la Culture suit d’ailleurs annuellement ces évolutions, preuve que le boîtier cartonné n’a pas dit son dernier mot.
La cartouche Switch, un atout nomade contre le Blu-ray de salon
Le format même choisi par Nintendo pour sa console vedette, la Switch, offre un avantage comparatif évident pour le maintien du support physique. La cartouche est intrinsèquement plus adaptée à une console nomade qu’un disque Blu-ray, conçu pour une machine de salon. Ce simple fait technique donne une valeur d’usage au boîtier Switch que le boîtier PS5 a progressivement perdue, rendant l’achat physique plus naturel et moins perçu comme une contrainte. Le jeu en boîte sur l’hybride de Nintendo, c’est aussi la promesse de pouvoir insérer son titre sans téléchargement volumineux, un argument de poids pour ceux dont la connexion internet est limitée ou simplement pour ceux qui aiment l’immédiateté.
Des licences taillées pour la durée et le commerce de proximité
Au-delà du format, c’est toute la logique de catalogue qui diffère. Nintendo capitalise sur un portefeuille de licences extrêmement puissant et récurrent : Mario, Zelda, Pokémon, Animal Crossing, Mario Kart… Ces franchises ne sont pas de simples phénomènes de mode. Elles s’inscrivent dans une demande durable, génération après génération, parfaitement compatible avec l’achat en boîte. Le jeu physique devient alors un levier de visibilité en magasin, un objet de désir en promotion et un support de collection valorisé.
Cet attachement au marché physique n’est pas qu’une affaire de nostalgie. Pour Nintendo, c’est aussi un pilier de sa présence retail et un outil pour soutenir la valeur perçue de ses productions sur la très longue durée. Là où Sony a progressivement intégré le téléchargement, l’abonnement et les services connectés comme le coeur de son modèle économique PlayStation, Nintendo a conservé une approche plus souple, où le dématérialisé n’efface pas le physique, mais le complète. Une stratégie qui, à l’heure où Sony annonce la mort officielle du disque, prend tout son sens.



