Scene de combat du film Mortal Kombat II avec les arenes iconiques du jeu video

Mortal Kombat II : le film corrige enfin les erreurs du premier

Lili · · 3 min · 0 commentaire

Les adaptations de jeux vidéo au cinéma naviguent souvent entre le chef-d’oeuvre (The Last of Us et ses nominations aux Emmy Awards) et le désastre référentiel (The Minecraft Movie). Mortal Kombat II se situe quelque part entre les deux, mais il accomplit l’essentiel : réparer ce que le film de 2021 avait raté.

Un ancrage dans le lore enfin assumé

Le film de 2021 souffrait d’un défaut majeur : il centrait son récit sur Cole Young, un personnage original incarné par Lewis Tan, créé de toutes pièces pour servir de point d’entrée au grand public. Résultat, l’essence même de Mortal Kombat, à savoir la guerre entre les six royaumes pour le contrôle absolu, passait au second plan. Mortal Kombat II corrige le tir dès son introduction, avec un flashback montrant Shao Kahn s’emparer du royaume d’Edenia. Le ton est donné immédiatement.

La co-protagoniste principale est Kitana, incarnée par Adeline Rudolph, fille adoptive de Shao Kahn et héritière légitime du trône d’Edenia. Son arc narratif, mêlant vengeance et double jeu contre l’envahisseur, est de loin la partie la plus solide du film. À ses côtés, Johnny Cage (Karl Urban), ancienne star d’action sur le déclin recrutée par Seigneur Raiden pour défendre l’Earthrealm, apporte une légèreté et une bravade qui manquaient cruellement au premier opus. Sa représentation n’est pas fidèle au jeu, mais Urban s’en sort avec un charme indéniable.

Une narration à deux vitesses

Le format à deux protagonistes est malheureusement le talon d’Achille du film. Le récit jongle entre l’Earthrealm, Edenia et le Netherrealm sans jamais trouver un équilibre satisfaisant. L’arc de Kitana, dense et dramatiquement cohérent, contraste fortement avec celui de Johnny Cage, qui se résume essentiellement à un acteur qui tente de devenir un vrai combattant. On a parfois l’impression que deux scripts distincts ont été fusionnés à la hâte. Cole Young, lui, apparaît si peu à l’écran que cela ressemble à une forme d’excuse officielle des producteurs pour le film précédent, jusqu’au carton-titre qui affiche simplement « Mortal Kombat ».

Le tournoi est enfin là, et il déchire

Ce que le premier film refusait obstinément d’offrir, le tournoi de combat, est au coeur de Mortal Kombat II. Et c’est une réussite spectaculaire. Les arènes iconiques du jeu vidéo MKII, The Pit, The Dead Pool et The Portal, sont recréées avec un budget hollywoodien qui fait plaisir à voir. Les combats sont rapides, fluides, et intègrent des fatalities fidèles aux jeux. Un acte entier se déroule dans le Netherrealm et constitue une longue séquence de combat absolument jouissive.

La version IMAX pousse même le clin d’oeil jusqu’à recréer l’introduction des séquences de combat des récents modes histoire des jeux. Il ne fait aucun doute que les réalisateurs sont de vrais fans de la franchise, et ça se ressent à chaque plan. Le film se conclut sur une nouvelle version de « Techno Syndrome », le morceau culte du film de 1995, utilisé comme thème de fin.

Un blockbuster imparfait mais nécessaire

Mortal Kombat II n’est pas un film parfait. Son déséquilibre narratif est réel, et l’une de ses deux lignes directrices est nettement plus faible que l’autre. Mais il assume pleinement le ton grand spectacle et décomplexé de la série, là où le film de 2021 hésitait entre le drame sombre, le film d’arts martiaux graveleux et le préquel maladroit. Ce second opus est exactement le coup d’accélérateur dont la franchise avait besoin. Si un troisième film parvient à unifier son récit avec la même énergie visuelle, Mortal Kombat pourrait enfin trouver sa pleine mesure au cinéma.

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