Alors que la campagne pour l’élection présidentielle de 2027 commence à peine à se dessiner, le monde du jeu vidéo s’invite dans le débat politique français. Jean-Luc Mélenchon, leader de La France Insoumise, a pris pour cible un duo de géants de l’industrie : Rockstar Games et Sony. En cause, l’abandon programmé des supports physiques pour Grand Theft Auto VI.
La fin annoncée du support physique dans le viseur
La critique du candidat de gauche, arrivé troisième au premier tour de la présidentielle de 2022 avec près de 22% des voix, a été publiée sur son compte X (anciennement Twitter). Il s’attaque frontalement à l’annonce de Rockstar de distribuer Grand Theft Auto VI exclusivement en version dématérialisée à sa sortie, désormais fixée au 19 novembre 2026 sur PlayStation 5 et Xbox Series X|S.
Jean-Luc Mélenchon a également condamné la stratégie de Sony, qui prévoit de cesser toute vente de jeux PlayStation en boîte d’ici 2028. Dans un message traduit par nos confrères de Destructoid, il argumente : « Demain, vous paierez sans jamais rien posséder. Pas de prêt, pas de revente, aucune garantie de conserver ce que nous avons payé. »
Le jeu vidéo, un bien culturel et non une simple marchandise
Le responsable politique insiste sur une distinction fondamentale : pour lui, les jeux vidéo ne sont pas de simples marchandises, mais des biens culturels. Il affirme que les droits des joueurs doivent être protégés par les lois existantes sur la consommation. Son plaidoyer est clair et tourné vers l’échéance électorale : « Demain, nous ouvrirons le projet en 2027. Les joueurs ont des droits eux aussi ! »
Un duo criminel au coeur d’un projet pharaonique
Au-delà de la polémique politique, Grand Theft Auto VI est un projet colossal. Successeur d’un GTA V qui s’est vendu à près de 230 millions d’unités, ce nouvel opus est sans doute le jeu le plus attendu de la décennie. Le développement, qualifié de « plus chaotique de l’histoire de Rockstar » selon une enquête récente, a déjà connu deux reports successifs. La dernière date communiquée est donc le 19 novembre 2026, exclusivement sur PS5 et Xbox Series. Aucune version PC n’a été officiellement annoncée à ce jour.
L’intrigue nous plonge dans l’État fictif de Leonida, inspiré de la Floride. On y retrouvera Vice City, la version satirique de Miami. Le récit suivra les traces d’un couple criminel, Jason Duval et Lucia Caminos, dans une histoire qui évoque le mythe de Bonnie & Clyde. Lucia, sortant de prison, et Jason, ancien militaire devenu trafiquant pour le gang des Keys, vont se retrouver plongés dans une conspiration à l’échelle de l’État après un braquage qui tourne mal.
Des précédents et un contexte économique tendu
Cette controverse autour de la propriété numérique s’inscrit dans un débat plus large qui agite l’industrie du jeu vidéo. La série GTA n’en est pas à sa première polémique. Depuis GTA III, la franchise est régulièrement accusée de banaliser la violence. GTA VI, avec son univers satirique ciblant la culture des réseaux sociaux et des influenceurs, promet d’ajouter une nouvelle couche à la critique sociale, ce qui pourrait alimenter d’autres débats politiques.
Pour Rockstar et sa maison mère Take-Two, l’enjeu est aussi économique. Ce virage au « tout numérique » est stratégique pour maximiser les revenus en supprimant le marché de l’occasion. Ni Rockstar Games, ni Sony n’ont pour l’instant apporté de réponse officielle aux critiques de Jean-Luc Mélenchon. L’affaire a été initialement rapportée par les sites ixbt.games et Destructoid.

