Illustration de Baldur's Gate 3 avec logo et des, evoquant l'incertitude autour de Baldur's Gate 4 apres les annulations de jeux D&D par Hasbro.

Baldur’s Gate 3 : Hasbro annule des jeux D&D et perd 56 millions, quel avenir pour BG4 ?

Lili · · 3 min · 0 commentaire

Hasbro traverse une zone de turbulences qui pourrait bien compromettre l’avenir de Baldur’s Gate 4. Entre annulations en série de projets Donjons & Dragons et pertes financières abyssales, l’éditeur cherche toujours un successeur à Larian Studios, sans garantie de retrouver la magie de Baldur’s Gate 3.

Une vague d’annulations qui fragilise la stratégie D&D

En 2024, Wizards of the Coast a confirmé l’annulation de cinq jeux D&D en développement, dont un projet interne nommé Jabberwocky. La saignée s’est poursuivie en juin 2025 avec l’arrêt du partenariat avec Giant Skull, le studio fondé par Stig Asmussen. Ce jeu d’action-aventure dans l’univers D&D, encore en développement précoce, a été abandonné alors que la décision remontait en réalité à plusieurs mois. Ces annulations successives auraient coûté 56 millions de dollars à Hasbro, un chiffre à prendre avec prudence mais qui illustre l’ampleur du gâchis.

Le contexte financier est alarmant : en 2023, Hasbro a subi une baisse de revenus de 15 % et une perte nette de 1,5 milliard de dollars. La stratégie jeu vidéo D&D, pourtant portée par le triomphe de Baldur’s Gate 3, semble aujourd’hui en plein redémarrage chaotique.

Baldur’s Gate 3, un sommet difficile à reproduire

Sorti en accès anticipé le 6 octobre 2020 sur PC, puis en version 1.0 le 3 août 2023 (PC) et le 6 septembre 2023 (PS5), Baldur’s Gate 3 a redéfini les standards du RPG. Développé par Larian Studios avec les règles de D&D 5e édition, il propose un système au tour par tour, loin du temps réel avec pause des premiers opus. Son moteur maison, dérivé de Divinity: Original Sin 2, a permis une fidélité créative exceptionnelle : 600 sorts et actions, 308 capacités passives, 11 races et 31 sous-races, contre respectivement 225, 45 et 5 pour DOS2.

Ce surinvestissement a payé : le jeu a rapporté environ 90 millions de dollars à Hasbro, selon IGN, et s’est imposé comme un prétendant sérieux au titre de jeu de l’année 2023. Pourtant, Swen Vincke, le patron de Larian, a confirmé à la GDC que son studio ne développerait ni DLC pour BG3 ni Baldur’s Gate 4. Hasbro, qui qualifie Larian de « partenaire incroyable », discute avec plusieurs studios pour reprendre le flambeau, mais sans nom ni calendrier.

L’héritage de la saga et le spectre d’un BG4

La série Baldur’s Gate est née en 1998 chez BioWare, sous l’égide d’Interplay et des règles AD&D 2e édition. Un troisième épisode, The Black Hound, avait déjà été annulé en 2003 pour des problèmes de licence. L’histoire de BG3, située plus d’un siècle après Throne of Bhaal, boucle une intrigue majeure autour des Flagelleurs mentaux, de l’Absolue et des dieux morts Bhaal, Myrkul et Bane. Cette conclusion narrative rend un éventuel BG4 périlleux : il faudrait soit prolonger cette trame sans Larian, soit opérer un repositionnement radical dans les Royaumes Oubliés.

La comparaison avec les anciens jeux est écrasante. BG3 a imposé un modèle premium sans microtransactions, là où Hasbro privilégie souvent les jeux-service. Reproduire une telle ambition avec un nouveau partenaire, dans un contexte de rationalisation des coûts, relève du casse-tête.

Quel avenir pour la licence phare de D&D ?

Hasbro affirme chercher activement un successeur, mais les annulations récentes montrent une instabilité chronique. Le studio Giant Skull devait livrer un jeu d’action-aventure, un genre éloigné du RPG tactique de Larian, signe que l’éditeur explore des voies différentes. Reste que le public, échaudé par les déboires financiers et l’absence de feuille de route claire, pourrait se montrer sceptique.

En attendant, Baldur’s Gate 3 demeure la vitrine ultime de D&D en jeu vidéo, un pic créatif et commercial que Hasbro peine à transformer en tremplin. L’annulation de Jabberwocky et des autres projets rappelle que, dans l’industrie, même les licences les plus prestigieuses ne garantissent pas un avenir serein.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Tendances
Les articles les plus populaires des 7 derniers jours