Un simple listing sur un site de vente en ligne a suffi à mettre le feu aux poudres. L’apparition d’un prix pour le remake de The Legend of Zelda: Ocarina of Time sur Nintendo Switch 2 divise profondément la communauté, entre enthousiasme pour une accessibilité inattendue et crainte d’un projet au rabais.
Un prix leaké qui crée la surprise
L’information provient d’une fiche produit sur le site PlayAsia, qui affiche un tarif de 59,99 $, soit environ 54,63 €. Ce montant est bien inférieur aux 80 € qui semblent devenir le standard pour les titres majeurs de la Nintendo Switch 2. L’écart est d’autant plus frappant qu’il représente une différence de 15 € avec le prix des jeux de la première Switch. Cette annonce, bien que non officielle, a immédiatement déclenché l’ouverture de précommandes sur la plateforme, attisant la hâte des joueurs.
Il est crucial de rappeler que ce prix est pour l’instant un simple placeholder, une fiche provisoire, comme l’a précisé le site lui-même. Nintendo n’a communiqué aucun prix officiel pour ce remake attendu sur Nintendo Switch 2 pour la fin d’année 2026. L’éditeur n’a d’ailleurs pas encore confirmé la date de sortie exacte, mais la fenêtre de lancement semble se préciser.
Entre joie et inquiétude : la communauté se déchire
Les réactions sur les réseaux sociaux, notamment sur X (Twitter), sont un véritable ascenseur émotionnel. Une partie des fans est tout simplement ravie. Voir un titre de cette envergure, un monument du jeu vidéo, affiché à un prix aussi abordable est perçu comme une excellente nouvelle. Cela rendrait le jeu accessible au plus grand nombre et constituerait un argument de vente massif pour la nouvelle console.
À l’opposé, un autre camp se montre bien plus furieux et inquiet. Pour ces joueurs, un prix aussi bas est un signal d’alarme. La crainte principale est que ce tarif ne soit le reflet d’un remake insuffisant, d’un simple portage HD paresseux plutôt que d’une refonte ambitieuse. Le spectre du remake de Star Fox, à la réception critique en demi-teinte, est régulièrement évoqué pour illustrer cette peur d’un produit hors de niveau. Certains vont jusqu’à juger un tarif de 20 € pour un portage d’un jeu de plus de 20 ans comme « complètement fou » et « abusif », bien que ce commentaire semble viser un autre projet et non le remake de 2026.
Un monument du jeu vidéo sous pression
Pour comprendre la sensibilité extrême des fans, il faut mesurer le statut très particulier d’Ocarina of Time. Lancé en 1998 sur Nintendo 64, il est le premier Zelda en 3D et a posé les fondations de l’action-aventure moderne. C’est lui qui a introduit le système de visée Z (le ciblage automatique), utilisé le Rumble Pak pour la première fois dans la série, et imposé une structure en donjons-puzzles qui a fait école. Son importance scénaristique est tout aussi capitale : c’est le jeu qui divise la chronologie de la saga en trois branches distinctes, donnant naissance à Majora’s Mask, The Wind Waker et Twilight Princess.
Ce n’est pas la première fois que Nintendo ressort ce trésor de son coffre. Après la version originale, le jeu a été réédité sur GameCube en 2003 avec un Master Quest aux donjons remaniés, puis sur la Console Virtuelle de la Wii en 2007. Un véritable remake sur Nintendo 3DS a vu le jour en juin 2011, avec des graphismes retravaillés en 3D stéréoscopique et une interface adaptée à l’écran tactile. Cette longue exploitation commerciale explique pourquoi certains fans, ayant acheté le jeu jusqu’à quatre ou cinq fois, sont si exigeants sur le rapport contenu-prix d’une nouvelle version.
Qu’attendre d’un remake moderne ?
Les attentes pour cette version Switch 2 sont donc immenses. Les joueurs espèrent bien plus qu’un simple lifting. Ils réclament une refonte technique avec du 60 fps, une haute résolution, une caméra libre et des modèles de personnages entièrement repensés. Des options d’accessibilité modernes et, pourquoi pas, des ajustements de gameplay sur des passages emblématiques comme le Temple de l’Eau sont également espérés. La crainte est que Nintendo opte pour une formule minimaliste, plus proche d’une énième réédition que d’une célébration à la hauteur du mythe.
L’enjeu est de taille pour Nintendo. Alors que les ventes de la Switch 2 sont décrites comme « inquiétantes » par certains observateurs, un remake réussi d’Ocarina of Time pourrait être la « grosse surprise du siècle » pour relancer la machine. Le jeu original s’est vendu à 14 millions d’unités, un score colossal, mais loin des 100 millions de Breath of the Wild. La question est de savoir si cette nouvelle version saura séduire à la fois les vétérans nostalgiques et la nouvelle génération de joueurs, sans trahir l’âme de ce chef-d’oeuvre intemporel.
