Le test de performance de The Elder Scrolls IV: Oblivion Remastered sur Nintendo Switch 2 montre des chutes de framerate et des stutters en exploration.

The Elder Scrolls IV: Oblivion Remastered : 30 fps et stutters sur Switch 2

Lili · · 4 min · 0 commentaire

Sorti le 11 août 2026 sur la nouvelle console de Nintendo, The Elder Scrolls IV: Oblivion Remastered fait revivre un classique du RPG avec une mise à jour visuelle ambitieuse. Malgré une présentation globalement réussie, les tests de performance révèlent que la fluidité reste le talon d’Achille de cette version, prise entre les limites de son moteur historique et les promesses d’une machine hybride.

Une fréquence d’images verrouillée, mais pas sans accrocs

La version Switch 2 vise un cap à 30 fps constant, en mode portable comme docké. Dans les faits, ce seuil est souvent atteint, notamment dans les environnements intérieurs (donjons, maisons) où la stabilité est irréprochable. Cependant, l’exploration en monde ouvert fait apparaître des chutes de framerate en combat, ainsi que des stutters réguliers lorsque les zones se chargent et se déchargent. Ces saccades de traversée, mesurées par Digital Foundry, peuvent dépasser 230 ms lors de déplacements à cheval ou face à plusieurs ennemis, provoquant un judder perceptible dû à des problèmes de frame pacing.

Le mode portable n’aggrave pas significativement la situation, mais il est plus sujet aux chargements infinis et à un crash vers le menu principal, rapporté par Nintendo World Report. Un bug de caméra au changement de sauvegarde et un crash reproductible ont également été observés, bien que la version soit jugée plus stable sur la durée qu’une heure de jeu que certaines autres plateformes.

Le DLSS au secours de la résolution

Pour compenser une puissance GPU modeste (environ 1,7 TFLOPS en portable), la Switch 2 s’appuie sur le NVIDIA DLSS. Le rendu interne est calculé à 960×540 en mode docké et 800×450 en mode portable, avant d’être reconstruit en 1080p et 900p respectivement. Le résultat est étonnamment convaincant : l’image est nette, les textures détaillées et l’éclairage moderne, surpassant même la version Xbox Series S sur certains points selon plusieurs analyses. Comparé au Steam Deck, l’affichage est plus fin et le framerate plus stable, ce qui place ce port dans une position techniquement cohérente.

Des temps de chargement inégaux

Les mesures varient sensiblement selon les scènes et les sources. RPG Site a chronométré environ 20 à 22 secondes du tableau de bord au titre, puis 27 à 28 secondes pour charger une sauvegarde en monde ouvert. Une autre vidéo de test indique 5 secondes pour entrer dans une auberge, 30 secondes pour en sortir, et 20 secondes pour un voyage rapide. Ces écarts trahissent la structure cellulaire héritée du moteur Gamebryo de 2006, qui segmente le monde et impose des chargements fréquents.

Un moteur historique sous le capot

Pour comprendre ces performances, il faut rappeler l’architecture hybride du remaster. Bethesda a conservé le moteur d’origine (Gamebryo modifié) et l’a coiffé d’un renderer Unreal Engine pour moderniser l’éclairage, les matériaux et les effets. Les contraintes de 2006 persistent donc : streaming saccadé des zones, IA Radiant AI, scripts, et surtout cette segmentation par cellules. Le studio n’a jamais promis un remake, mais une mise à jour visuelle fidèle, ce qui explique le plafonnement à 30 fps, même sur des machines bien plus puissantes.

Contexte et comparaisons éclairantes

Historiquement, Oblivion n’a jamais été un modèle de fluidité. Sur Xbox 360 et PS3, le jeu souffrait déjà de chutes en ville et de chargements à répétition. Le remaster Switch 2 reproduit ce profil, mais avec des gains visuels considérables et une stabilité globale améliorée par un patch day-one. Face aux versions PS5 et Xbox Series X, certains observateurs notent même un état « un peu meilleur » sur la console Nintendo en termes de constance, malgré une résolution inférieure. La politique de patchs post-lancement est un autre point de friction : Bethesda a reconnu la demande d’un mode 60 fps sur les consoles de salon, et une mise à jour d’optimisation est en préparation, sans calendrier officiel.

Accueil critique et verdict

Les premiers tests attribuent des notes de 7,5/10 (Nintendo World Report) et 8/10 (Nintendo Life). L’expérience est qualifiée de « solide » malgré des revers techniques évidents. Pour les fans de la première heure, ce port a le mérite de rendre jouable l’un des RPG les plus acclamés de sa génération (94/100 sur Metacritic à l’époque) sur une console portable, avec un confort visuel inédit. Les plus exigeants regretteront l’absence de 60 fps et les saccades héritées, mais l’ensemble constitue une itération cohérente d’un jeu qui, en son temps, avait déjà marqué l’histoire par son ambition plutôt que par sa technique.

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