Six ans après le lancement de la PS5 et des Xbox Series, le marché des consoles a connu une inflation matérielle sans précédent. Entre pénuries de composants, boom de l’IA et tensions économiques, les trois constructeurs ont multiplié les hausses de prix, redessinant totalement le paysage tarifaire. Voici comment chaque machine a vu son ticket d’entrée grimper, parfois de manière spectaculaire, jusqu’à frôler des seuils jamais atteints.
Une génération marquée par l’inflation
Depuis 2025, une pénurie mondiale de mémoire et de stockage s’est imposée comme le principal moteur des révisions tarifaires. Les analystes pointent aussi des « environnements économiques difficiles » et l’explosion de l’intelligence artificielle, qui capte une part colossale des semi-conducteurs. Résultat, aucune console n’a bénéficié d’une baisse de prix officielle et durable depuis cette date, une rupture totale avec les cycles précédents. Les augmentations cumulées oscillent entre +10 % et +27 % selon les modèles, la PS5 Pro enregistrant le bond absolu le plus violent (+200 € par rapport à son lancement).
PlayStation 5 : l’ascension vers les sommets
La PS5 est arrivée en novembre 2020 à 499,99 € pour la version avec lecteur et 399,99 € pour l’édition digitale. Une première alerte avait retenti en 2023 avec des baisses temporaires dans certains marchés (449 $ ou 439 $), mais la tendance s’est vite inversée. En août 2025, Sony a officialisé sa première hausse américaine : la version disque passait à 549,99 $, la digitale à 499,99 $ et la Pro à 749,99 $. Puis, le 2 avril 2026, une seconde vague a propulsé les tarifs vers des cimes inédites : 649,99 € pour la standard, 599,99 € pour la digitale et 899,99 € pour la PS5 Pro. Le PlayStation Portal, lancé à 199,99 $ en 2023, a lui aussi grimpé à 249,99 $ en avril 2026. Au total, la PS5 disque a augmenté de 150 € (+30 %) depuis son lancement, tandis que la version digitale a bondi de 200 €. La Pro, à 899,99 €, est désormais la console moderne la plus chère, flirtant dangereusement avec la barre symbolique des 1 000 €.
Xbox Series X|S : la hausse progressive
Lancées en novembre 2020, les Xbox Series X (1 To) et Series S (512 Go) affichaient respectivement 499 € et 299 €. La première vague de hausse, en mai 2025, a porté la Series X à 599,99 $, la Series S 512 Go à 379,99 $ et la Series S 1 To à 429,99 $. Dès octobre 2025, un nouveau palier était franchi : 649,99 $ pour la X, 399,99 $ pour la petite S et 449,99 $ pour le modèle 1 To. La variante 2 To de la Series X a même atteint 800 $ en 2026. En Europe, la facture a suivi le même chemin : la Series X est passée à 599,99 € en 2025, soit 100 € de plus qu’au lancement, pendant que la Series S la moins chère grimpait de 299 € à 349 €. Certaines régions ont vu la machine avec lecteur bondir à 799,99 €, un repositionnement radical qui a fait grincer des dents les défenseurs du “meilleur rapport qualité-prix”. Comme pour la PS5, la hausse totale atteint +150 € (+30 %) pour le modèle phare.
Nintendo Switch 2 : une augmentation rapide et inédite
La Switch 2, sortie le 5 juin 2025 à 469,99 € en Europe (449,99 $ aux États-Unis), a marqué une rupture avec la politique tarifaire traditionnelle de Nintendo. Déjà 140 € plus chère que la première Switch, elle a vu son prix officiel augmenter dès le 1er septembre 2026. La console seule passe alors à 499,99 € en Europe (+30 €), tandis que le pack avec Mario Kart World (dématérialisé) s’établit à 509,99 €. Au Canada, le tarif évolue de 629,99 $ à 679,99 $, et au Japon, la console bondit de 49 980 ¥ à 59 980 ¥. Nintendo justifie cette décision par des « changements dans les conditions du marché » et les « perspectives commerciales mondiales ». Même les anciens modèles Switch ne sont pas épargnés au Japon : la Switch OLED passe de 37 980 ¥ à 47 980 ¥, et la Switch Lite de 21 978 ¥ à 29 980 ¥. L’abonnement Switch Online subit aussi une cure d’augmentation, avec un abonnement individuel annuel qui grimpe à 3 000 ¥.
Les raisons d’une flambée historique
Au-delà des chiffres, le contexte est celui d’une pression industrielle globale. La pénurie de composants mémoire et de stockage, combinée à la flambée des coûts de transport et à l’inflation, a contraint les constructeurs à ajuster leurs marges. Les fluctuations des devises, notamment un yen faible, ont pesé lourd sur les comptes de Nintendo, tandis que Sony et Microsoft doivent financer des services en ligne toujours plus ambitieux. L’IA, en absorbant une part croissante des semi-conducteurs, renchérit encore la production de puces. Dans ce climat, les promotions ponctuelles comme le Black Friday 2025 (jusqu’à 135 € d’économie sur une PS5 Digital, 60 € sur le pack Switch 2 + Mario Kart World) restent des îlots de répit, mais la tendance structurelle est clairement haussière.
Le nouveau visage du marché console
Cette valse des étiquettes redessine les équilibres. La PS5 Pro culmine à 899,99 €, un territoire qui aurait semblé impensable en 2020. La Xbox Series X, longtemps positionnée comme une alternative plus abordable, a perdu une partie de son avantage prix en grimpant à 599,99 €, voire plus. La Switch 2, machine hybride techniquement en retrait face aux mastodontes de salon, s’aligne désormais sur le prix de lancement d’une PS5 standard, avec des jeux vendus entre 70 € et 90 €. Les réactions sont vives : en France, la pilule des 469,99 € initiaux était déjà amère pour beaucoup, et la nouvelle barre des 499,99 € n’arrange rien. Pourtant, les trois constructeurs poursuivent leur stratégie de montée en gamme, pariant sur la valeur perçue de leurs écosystèmes et sur la résilience des joueurs. Une chose est sûre : l’époque des consoles qui baissent de prix en cours de génération est, pour le moment, révolue.



