Deux adolescents viennent d’être arrêtés à San Francisco pour vol avec violence et conspiration, une affaire qui illustre la hausse spectaculaire des vols de cartes Pokémon en Californie. Cet événement, rapporté par la police locale, s’inscrit dans une vague de cambriolages ciblant des boutiques et collectionneurs, avec des pertes qui se chiffrent en centaines de milliers de dollars.
Deux arrestations au coeur de San Francisco
La police de San Francisco a annoncé l’interpellation de deux adolescents dans une affaire de vol avec violence et conspiration liée à des cartes Pokémon. L’enquête reste ouverte, mais les premières informations du Los Angeles Times confirment la gravité des faits. Si les détails précis du butin restent flous, cette arrestation témoigne de l’escalade que connaît le marché parallèle des cartes de collection.
Des vols éclair et des pertes records
La région est en effet le théâtre d’une explosion des braquages. À Brentwood, des suspects masqués ont dévalisé un magasin de 15 000 dollars de cartes en moins de 40 secondes avant de fuir à bord d’une Nissan Altima. À Anaheim, un autre coup a rapporté environ 20 000 dollars, tandis qu’à Burbank, un casse a dépassé les 100 000 dollars en cartes et objets de collection. Les médias locaux, dont Fox News, évoquent des pertes régionales de plus de 500 000 dollars en deux mois, avec un week-end où deux heists distincts ont totalisé plus de 300 000 dollars.
Les méthodes se perfectionnent : intrusions nocturnes, vitrines fracassées, sacs remplis en quelques minutes. Dans l’affaire d’Anaheim, les malfaiteurs ont même utilisé une masse pour percer un mur et accéder aux précieux butins.
Un marché mondial qui attire toutes les convoitises
Cette criminalité n’est pas un phénomène isolé. Au Royaume-Uni, un couple de collectionneurs a vu son entrepôt vidé pour un préjudice d’1,2 million de livres sterling. En France, plusieurs affaires alarmantes ont été recensées : près d’Angers, 80 000 euros de cartes volées chez Pikaplasma ; à Bourgoin-Jallieu, 8 000 euros chez Vegastore ; et à Rennes, une agression violente pour 100 000 euros de cartes a conduit les trois coupables à jusqu’à 2 ans de prison ferme. Même les circuits logistiques sont touchés : en Haute-Savoie, des colis certifiés ont disparu d’un centre de tri, pour plus de 20 000 euros de préjudice.
Ces affaires montrent que les cartes Pokémon ne sont plus de simples objets de loisir : elles sont devenues des actifs financiers à part entière, capables de susciter des réseaux de recel et un véritable marché noir organisé.
La folie Pokémon : un boom économique sans précédent
Le marché des cartes Pokémon connaît une envolée historique. Depuis la pandémie, la valeur moyenne a grimpé de près de 50 %, avec une hausse de 46 % sur le premier semestre 2025. Le Dracaufeu première édition, note PSA 10, s’est vendu 550 000 dollars en décembre 2025. En France, un Charizard première édition peut atteindre 40 000 euros. Cette flambée attire investisseurs et spéculateurs, mais aussi une criminalité de plus en plus structurée. Ironie du sort : les voleurs bradent souvent leur butin, une collection estimée à 15 000 euros n’étant revendue que 2 000 euros sur le marché parallèle.
Autorités et collectionneurs en alerte
Face à cette escalade, les forces de l’ordre traitent désormais ces affaires avec la même sévérité que les vols d’oeuvres d’art. Des condamnations à 2 ans de prison ferme tombent, comme à Rennes ou à Montagnieu, où des voleurs armés ont écopé de lourdes peines. The Pokémon Company a aussi réagi en remerciant la boutique qui a alerté sur un vol de cartes rares.
Les collectionneurs, eux, s’adaptent : coffres-forts, alarmes, vidéosurveillance et assurances spécifiques se généralisent. Certains experts conseillent d’assurer sa collection à partir de 5 000 à 10 000 euros, les contrats classiques ne couvrant souvent que jusqu’à 100 000 euros. Pour des valeurs plus élevées, des polices sur mesure deviennent indispensables.
Un hobby à double visage
À l’approche du 30e anniversaire de Pokémon, l’engouement n’a jamais été aussi fort, mais il révèle une face sombre. Derrière l’image enfantine de la franchise, des coffres-forts remplis de cartes et des collectionneurs braqués rappellent que ce marché pèse désormais des millions. Les vols ne se limitent plus aux étals : ils visent entrepôts, particuliers et centres de tri, et parfois avec une violence inouïe. La Californie n’est que la partie émergée d’un iceberg qui secoue l’ensemble de la planète collectionneurs.



