Nintendo Switch poursuit sa commercialisation hors Europe, confirmee par Nintendo en juillet 2026.

Nintendo Switch : la console historique reste en vente hors Europe

Lili · · 4 min · 0 commentaire

Nintendo vient de clarifier l’avenir de sa première Switch : l’arrêt des ventes concerne uniquement l’Europe, pour l’instant. La mythique hybride lancée en 2017 demeure officiellement commercialisée au Japon, en Amérique et dans les autres régions, poursuivant une carrière hors norme alors que la Switch 2 monte en puissance.

Une fin de cycle en ordre dispersé

Depuis mars 2017, la Nintendo Switch s’est déclinée en plusieurs modèles : la version classique, la révision 2019 à meilleure autonomie, la Switch Lite et le modèle OLED de 2021. Aujourd’hui, son rythme de vente a fortement ralenti : au troisième trimestre de l’exercice 2025 (clos fin décembre 2025), seules 1,36 million d’unités ont trouvé preneur, une chute de 66 % sur un an. Sur l’ensemble de l’exercice, Nintendo tablait sur 11,5 millions d’expéditions, en baisse de 32 %.

Pourtant, ce déclin n’est pas uniforme. Face à une demande qui reste significative dans certaines régions, notamment au Japon, Nintendo a décidé de ne pas stopper brutalement la machine. La firme de Kyoto préfère une transition graduelle, en fonction des spécificités locales.

Un parc installé record qui pèse dans la décision

Avec 155,37 millions d’exemplaires vendus au 31 décembre 2024, la Switch est devenue la console la plus vendue de l’histoire de Nintendo, dépassant la DS (154,02 millions). Le parc total atteint même 150,86 millions à cette date, un socle colossal qui continue de générer des ventes de jeux.

Plus de 1,36 milliard de logiciels ont été écoulés sur Switch, soit une moyenne de 9 jeux par console. Même au cours des neuf premiers mois de l’exercice 2025, Nintendo a vendu 108,93 millions de jeux, certes en recul de 12,1 %, mais preuve que l’écosystème reste vivant. Des titres evergreen comme Super Mario Party, avec ses 21,1 millions d’exemplaires, maintiennent la machine en vie.

Europe, le premier marché abandonné

Si l’Europe voit les stocks de Switch s’épuiser progressivement sans renouvellement, c’est parce que les ventes y ont chuté de 36 % sur l’exercice, à 2,85 millions d’unités. L’Amérique du Nord a connu une baisse similaire (3,98 millions, -36 %), mais elle conserve la commercialisation. Le Japon, lui, limite la casse avec seulement 19 % de baisse (3,48 millions de consoles).

Cette résilience japonaise explique le maintien de la Switch dans la région. La transition vers la Switch 2 s’y opère à un rythme différent, portée par des exclusivités comme Pokémon Legends: Z-A – Switch 2 Edition et Kirby Air Riders, qui ont dopé les ventes locales selon Shuntaro Furukawa, président de Nintendo.

Switch 2 : une montée en puissance rapide

Lancée le 5 juin 2025, la Switch 2 a réalisé un démarrage canon : 3,5 millions de ventes en quatre jours, un record pour une console Nintendo. En sept mois, elle cumule déjà 17,37 millions d’unités expédiées, dépassant les premières prévisions. Nintendo vise désormais 19 millions d’expéditions d’ici mars 2026, un objectif révisé après avoir été porté à 20 millions en cours d’exercice.

Mais cette envolée n’est pas homogène. Le président Furukawa a reconnu que les ventes hors Japon étaient « légèrement inférieures aux prévisions » vers la fin 2025. En Europe, la bascule vers la nouvelle génération a été plus franche, rendant logique l’arrêt de la Switch première du nom.

Un écart de prix qui change tout

Le prix de la Switch 2 joue aussi un rôle. Au Japon, elle est commercialisée à 49 980 yens (environ 313 €), tandis qu’en Europe, elle atteint 469 €, soit plus de 150 € de différence. Nintendo accepte des marges réduites au Japon pour accélérer l’adoption, ce qui atténue la nécessité d’y maintenir la Switch 1. En Europe, le tarif plus élevé a sans doute favorisé une substitution plus nette.

Pour autant, Nintendo rappelle que les jeux Switch ne sont pas zonés : un logiciel acheté au Japon fonctionne sur une console européenne. Cette compatibilité régionale maintient l’attrait de la Switch 1 partout où elle est encore disponible, sans cloisonnement.

Une stratégie économique affinée

La Switch 1 reste un pilier financier pour Nintendo, même en fin de vie. Les ventes de hardware et software ont régulièrement conduit la firme à relever ses objectifs, comme en 2024 avec une prévision de bénéfice d’exploitation réhaussée à 500 milliards de yens. Hors Japon, les marchés représentent environ 78,3 % du chiffre d’affaires, d’où une gestion prudente de la transition par territoire.

En somme, le retrait européen n’est qu’une étape dans une cohabitation prolongée entre les deux générations de Switch. Nintendo profite de son vaste parc installé et de l’appétit encore vif pour ses jeux, retardant l’extinction de sa console historique là où la demande le justifie. Une approche pragmatique, taillée sur mesure pour chaque région.

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