Midnight Club: Los Angeles, une course de rue nocturne dans la ville avec des voitures sous licence.

Midnight Club : conflits internes, retards et priorité à GTA ont eu raison de la saga

Lili · · 3 min · 0 commentaire

La mort de la série Midnight Club n’a pas été causée par un seul facteur, mais par un cocktail de tensions internes, de délais de production et d’un recentrage stratégique de Rockstar vers ses franchises les plus rentables. Si l’explication rapide veut que la licence ait été abandonnée « parce que ce n’était pas un GTA », la réalité est bien plus nuancée, comme le révèlent d’anciens développeurs.

Un conflit non-trivial entre Rockstar New York et San Diego

Selon Robert Roberts, ancien membre de Rockstar, interrogé par le podcast Kiwi Talkz, le développement de Midnight Club: Los Angeles a été marqué par un « conflit non-trivial » entre l’équipe de New York et celle de San Diego. Cette lutte interne, couplée à des délais manqués durant la production, a pesé lourd. Roberts décrit une ambiance où la franchise était traitée comme une « seconde classe », avec une mentalité du type « You’re not GTA » qui minait la motivation des équipes.

Des performances commerciales en demi-teinte

Malgré une réception critique positive (environ 82/100 sur Metacritic pour la version PS3), Midnight Club: Los Angeles n’a pas réussi à convaincre commercialement. Les estimations de VG Chartz font état d’environ 4,79 millions d’exemplaires vendus, un chiffre inférieur à celui de Midnight Club 3: DUB Edition. Selon des discussions de joueurs relayées par des sources secondaires, l’écart pourrait atteindre 600 000 copies. Un poids commercial bien trop léger pour rivaliser avec les mastodontes de Rockstar.

Un laboratoire technique pour le moteur RAGE

Sorti en octobre 2008 sur PlayStation 3 et Xbox 360, Midnight Club: Los Angeles a pourtant joué un rôle crucial dans l’écosystème du studio. Il fut le premier titre à utiliser le moteur RAGE (Rockstar Advanced Game Engine), qui allait ensuite servir de socle technique à GTA IV et Red Dead Redemption. Le jeu proposait une reconstitution de Los Angeles plus grande que les trois villes combinées de Midnight Club 3, avec un cycle jour/nuit 24h, des conditions météo dynamiques et un trafic routier réaliste. Un banc d’essai grandeur nature pour les courses en monde ouvert.

Midnight Club: Los Angeles, le dernier opus

Le jeu proposait 43 voitures et 4 motos, tous sous licences officielles de constructeurs réels, une première pour la série. Avec les contenus additionnels, le garage grimpait à 58 véhicules dans la Complete Edition de 2009. Une version PSP, baptisée L.A. Remix et développée par Rockstar London, ajoutait même une seconde ville avec Yokohama/Tokyo. Lancée en 2000 avec Midnight Club: Street Racing, la saga s’inspirait du véritable Mid Night Club japonais, un groupe de pilotes organisant des runs nocturnes sur l’autoroute Shuto. Mais après ce quatrième épisode, le couperet est tombé : la série a été officiellement interrompue début 2010, et aucun nouvel opus n’a vu le jour.

La stratégie Rockstar post-2010

À partir des années 2010, Rockstar a concentré toutes ses ressources sur ses licences à très fort potentiel narratif et commercial : Grand Theft Auto et Red Dead Redemption. Les plans pour un nouvel épisode de Midnight Club ont été paralysés en 2010, et même si la marque a été redéposée en 2012, aucune relance n’a suivi. La série est restée un deuxième couteau, victime d’une stratégie qui ne laissait plus de place aux licences « secondaires ».

Aujourd’hui, Midnight Club: Los Angeles reste le dernier témoin d’une voie alternative pour Rockstar, une série de courses de rue qui n’a jamais eu la chance de revenir sur le devant de la scène.

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