En octobre 2025, Rockstar Games a brutalement licencié 34 employés travaillant sur Grand Theft Auto VI. Parmi eux, un développeur a publiquement déclaré qu’il ne souhaitait même plus jouer au jeu, un témoignage qui illustre les tensions internes autour de ce projet colossal, dont la sortie a été repoussée au 19 novembre 2026.
Licenciements et accusations de répression syndicale
La vague de licenciements a touché 31 personnes au Royaume-Uni, principalement au studio Rockstar North à Édimbourg, et 3 au Canada. La raison officielle invoquée par l’éditeur Take-Two Interactive est une « faute grave » pour avoir divulgué des « fonctionnalités spécifiques de jeux à venir et non annoncés » sur Discord, qualifié de « forum public » en violation des clauses de confidentialité. Mais le syndicat Independent Workers’ Union of Great Britain (IWGB) dénonce une « répression syndicale massive » visant des employés qui participaient à un canal de discussion privé affilié au syndicat.
Des manifestations ont éclaté le 6 novembre 2025 devant les locaux de Rockstar North à Édimbourg, ceux de Take-Two à Londres, et le studio parisien de Rockstar. Depuis, d’anciens salariés ont témoigné, affirmant ne plus vouloir toucher à GTA VI après ce qu’ils considèrent comme un licenciement abusif. L’IWGB a officiellement porté plainte, alléguant une « violation du droit syndical », tandis que Take-Two maintient que « les affirmations selon lesquelles ces licenciements seraient liés à une appartenance ou à des activités syndicales sont totalement fausses et trompeuses ».
La crise s’est aggravée avec l’annonce, le même jour, du nouveau report de GTA 6 au 19 novembre 2026, alors qu’il était initialement prévu pour mai 2026. De plus, Strauss Zelnick, président de Take-Two, doit comparaître le 20 novembre 2025 devant un tribunal américain pour des plaintes liées au harcèlement sexuel, à la fraude et à l’abus de pouvoir, ajoutant une pression judiciaire à la tourmente interne.
Un développement chaotique et des reports en série
Le développement de Grand Theft Auto VI a connu un parcours semé d’embûches. Officiellement, Take-Two affirme que le travail « sérieux » a débuté en 2020, après le succès de Red Dead Redemption 2, mais d’anciens développeurs évoquent un redémarrage du projet dès 2018, après une longue phase de préproduction. Cette gestation d’au moins huit ans a été marquée par des fuites massives en 2022, montrant des séquences de gameplay précoce, et par une pression constante pour égaler le succès de GTA V, qui s’est écoulé à plus de 195 millions d’exemplaires.
La fenêtre de sortie a d’abord été fixée à l’automne 2025, puis repoussée au 26 mai 2026, avant d’être calée au 19 novembre 2026. Ces reports successifs, justifiés par une exigence de « qualité avant tout », reflètent les difficultés d’un projet dont l’ambition technique et narrative est immense. Le jeu, développé sur une évolution du moteur RAGE, promet un monde ouvert plus dense et vivant que jamais, avec une intelligence artificielle de foule poussée et des effets météo dynamiques inspirés de Red Dead Redemption 2.
GTA 6 : un projet colossal très attendu
Grand Theft Auto VI est décrit comme le jeu le plus attendu de la décennie. L’action se déroule dans l’État fictif de Leonida, inspiré de la Floride, avec Vice City comme métropole centrale. Pour la première fois dans un GTA numéroté, une protagoniste féminine, Lucia Caminos, est jouable aux côtés de Jason Duval, formant un duo de criminels rappelant Bonnie & Clyde. Le scénario, qui intègre la culture des réseaux sociaux et des influenceurs, suit le couple après un braquage raté, les entraînant dans une conspiration à l’échelle de l’État.
Le jeu, un action-aventure en monde ouvert, sera disponible uniquement sur PlayStation 5 et Xbox Series X|S au lancement, sans version PC annoncée pour le moment. Aucun prix officiel n’a été communiqué, mais les analystes s’attendent à un tarif élevé, potentiellement au-delà de 80 euros. Rockstar mise sur une structure à plusieurs personnages jouables et un monde ouvert plus vertical, tout en gardant le mystère sur un éventuel mode en ligne, qui pourrait arriver après la sortie.
Tensions internes et avenir du titre
Les licenciements d’octobre 2025 ne sont que la partie émergée d’un malaise plus profond. Le développement de GTA 6 a été marqué par des restructurations, des départs de vétérans et des discussions récurrentes sur le crunch, malgré les promesses de Rockstar d’améliorer les conditions de travail après Red Dead Redemption 2. Le témoignage du développeur qui ne veut plus jouer à son propre jeu résonne comme un symbole de cette lassitude. Alors que la date de sortie se rapproche, l’éditeur doit gérer à la fois une attente commerciale record et une image interne écornée, dans un contexte où chaque retard alimente les spéculations sur la santé du projet.

