Alors que Grand Theft Auto VI s’apprête à débarquer le 26 mai 2026, des témoignages internes révèlent une nouvelle vague de crunch intense dans les studios de Rockstar Games. Des semaines à 80 heures, des nuits blanches et une pression maximale : le développement du jeu le plus attendu de l’histoire se fait dans la douleur, malgré les promesses répétées de l’éditeur d’en finir avec ces pratiques.
Un planning sous haute tension
La sortie de GTA 6 a connu plusieurs reports. Initialement calée en interne pour le printemps 2025, puis officiellement annoncée pour l’automne 2025, elle a finalement été repoussée au 26 mai 2026 le 2 mai 2025. Rockstar justifiait alors ce délai par la volonté de « peaufiner l’expérience » et d’éviter un crunch systémique. Pourtant, les employés décrivent une réalité bien différente : la période de finalisation pour la date de novembre 2025, avant le report, a été marquée par une intensité de travail extrême, et le retour au bureau obligatoire 5 jours par semaine depuis avril 2025 n’a fait qu’accentuer la pression.
80 heures par semaine, des nuits jusqu’à 3h du matin
Des sources au sein de Rockstar India et d’autres studios rapportent des semaines de 80 heures, avec des tâches normalement étalées sur 5 à 6 mois compressées en 2 à 3 mois. Certains travailleurs restent jusqu’à 3h00 du matin, sans aucune rémunération pour les heures supplémentaires. Le syndicat Rockstar Game Workers Union (RGWU) dénonce une banalisation du crunch : les contrats britanniques incluent une renonciation aux Working Time Regulations, autorisant plus de 10 heures supplémentaires par semaine, et les compensations offertes sont jugées insuffisantes pour masquer la surcharge.
Des promesses non tenues
Après les polémiques autour de Red Dead Redemption 2, où des employés travaillaient jusqu’à 100 heures par semaine, Rockstar avait promis une refonte de sa culture interne. Le journaliste Jason Schreier, qui avait révélé ces dérives, estimait que les conditions s’étaient « massivement améliorées » pour GTA 6, parlant d’une différence « jour et nuit ». Mais il reconnaissait que le travail supplémentaire n’avait pas totalement disparu. Le report à 2026 était présenté par Take-Two comme la preuve que « le crunch ne fait plus partie du mode de fonctionnement ». Les nouveaux témoignages contredisent frontalement ce discours.
Un développement hors norme
Le projet GTA 6 est titanesque. La pré-production a débuté en 2018, le développement sérieux en 2020, pour un cycle total de 6 à 8 ans. Le budget, bien que non confirmé, est estimé à plus d’un milliard de dollars. Le jeu se déroule dans l’État fictif de Leonida, inspiré de la Floride, avec Vice City en toile de fond et un duo de protagonistes, Jason et Lucia, dans une dynamique à la Bonnie & Clyde. Exclusivement prévu sur PS5 et Xbox Series X/S à sa sortie, il mise sur une densité et une technique inédites.
Un crunch inégal selon les équipes
Tous les départements ne sont pas logés à la même enseigne. Certaines équipes parviennent à éviter ces périodes de surcharge, tandis que d’autres, directement impliquées dans la finalisation de GTA 6, « ne sortent jamais » du crunch. Le studio principal de Rockstar North à Édimbourg, soutenu par des antennes dans le monde entier, est en première ligne. L’IWGB, syndicat britannique, a critiqué la décision de Rockstar d’imposer le retour au bureau à temps plein, y voyant un risque élevé de surmenage et un signal clair de crunch.
L’ombre de Red Dead Redemption 2
La situation rappelle forcément le développement de Red Dead Redemption 2, où les semaines de 80 à 100 heures avaient défrayé la chronique. À l’époque, Dan Houser avait évoqué publiquement ces chiffres, déclenchant une vague d’indignation. Pour GTA 6, Rockstar semblait vouloir tourner la page, mais la pression commerciale est immense : le second trailer a cumulé 475 millions de vues en 24 heures, et Strauss Zelnick, patron de Take-Two, qualifie le jeu de « produit de divertissement le plus attendu de tous les temps ». Les équipes en paient aujourd’hui le prix fort.



