Cliff Bleszinski, createur de Gears of War, evoque son alcoolisme et son retour potentiel dans le jeu video.

Gears of War : Cliff Bleszinski sobre après des années d’alcoolisme, un retour aux sources envisagé

Lili · · 4 min · 0 commentaire

Cliff Bleszinski, le créateur emblématique de Gears of War, brise le silence. Dans une confession rare, l’ancien directeur créatif d’Epic Games révèle son combat contre l’alcoolisme, l’échec cuisant de LawBreakers, et son envie de renouer avec le développement vidéoludique. Une trajectoire heurtée qui contraste violemment avec l’héritage monumental de la saga qui a redéfini le TPS.

Une addiction ancrée dans le développement

Tout a commencé autour de 2003, pendant le développement d’Unreal Tournament. Un journaliste russe lui offre une bouteille de Stoli, premier verre d’une longue descente. Cliff Bleszinski va alors concevoir la trilogie Gears of War en état de manque permanent : « J’étais un alcoolique fonctionnel », avoue-t-il. L’alcool devient un compagnon de crunch, puis un refuge après l’échec commercial de LawBreakers en 2017 et la fermeture de Boss Key Productions durant l’été 2018. Sans studio, sans projet, il n’a plus de raison de se lever. Le 23 mars 2026, une crise aiguë le conduit à l’hôpital pour une semaine de tests et de convalescence. Aujourd’hui, il est sobre depuis quatre mois et suit une thérapie.

L’échec de LawBreakers et la chute de Boss Key

LawBreakers devait être le comeback triomphal de Cliffy B. Ce hero shooter nerveux, misant sur la mobilité verticale et un gameplay exigeant, n’a jamais trouvé son public. L’échec est frontal, malgré le pedigree de son créateur. Mais Bleszinski pointe aussi un autre responsable : son propre ego. Il admet avoir refusé l’entrée de Rod Fergusson comme cofondateur de Boss Key, voulant que le studio ne porte que son nom. « J’ai été trop fier, j’aurais dû l’écouter », regrette-t-il, estimant que l’ancien producteur de Gears aurait pu lui dire « non » et éviter bien des errements.

La renaissance après l’abîme

Après la fermeture de Boss Key, Cliff Bleszinski se réinvente. Il se consacre à l’écriture, au podcasting, et surtout au théâtre. En tant que producteur, il participe à la renaissance de Hadestown à Broadway, qui décroche huit Tony Awards, dont celui du meilleur spectacle musical. Une consécration inattendue, mais qui ne suffit pas à combler le vide. « Le manque du développement m’a rattrapé », confie-t-il. Désormais en thérapie, il évoque ouvertement un possible retour, mais avec une condition claire : plus jamais de PvP.

Le poids de Gears of War, héritage monumental

Impossible de parler de Cliff Bleszinski sans mesurer l’ombre de Gears of War. Le prototype initial, Unreal Warfare, était d’abord un FPS. C’est sous sa direction créative que le projet mute vers un TPS à couverture, imposant une grammaire que toute l’industrie copiera. Sorti en 2006 exclusivement sur Xbox 360, le premier Gears devient une vitrine technologique de l’Unreal Engine 3. Son système de cover, ses gunfights lourds et sanglants, et l’iconique Lancer à la tronçonneuse redessinent le jeu d’action moderne. La saga s’impose comme un système seller pour Microsoft, aux côtés de Halo. Pourtant, après le rachat total de la licence en 2014 et le départ de Bleszinski, la franchise continue sous la houlette de The Coalition, qui prépare un retour aux origines avec Gears of War: E-Day, préquel centré sur l’Émergence. Ce projet entièrement pensé pour l’Unreal Engine 5 promet ray tracing, destructions avancées et un gore de nouvelle génération, sur Xbox Series X|S et PC, day one dans le Game Pass.

Un retour sans PvP, mais avec sagesse

Le créateur de Gears l’affirme : il ne touchera plus au joueur contre joueur. « Les joueurs sont fidèles au jeu, pas à la personne », constate-t-il avec lucidité. Une leçon tirée de l’échec de LawBreakers, qui n’a jamais pu capitaliser sur son nom. Cliff Bleszinski envisage désormais un retour à un game design plus narratif, peut-être plus proche de l’expérience solo et coopérative qui a fait le succès de Gears. Si rien n’indique pour l’instant une collaboration avec The Coalition sur E-Day, un tel come-back aurait une portée symbolique forte. L’homme qui a aidé à définir le TPS moderne pourrait retrouver l’univers désespéré qu’il a contribué à créer, avec un regard neuf façonné par l’épreuve et la sobriété.

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