La dernière mise à jour d’ARC Raiders a introduit un changement majeur qui fait grincer des dents une partie de la communauté PC. Depuis le 19 mai 2026, Embark Studios a commencé à déployer progressivement Denuvo Anti-Cheat en complément de sa solution existante, et les premiers retours sont sans appel : le jeu n’est plus jouable sous Linux et sur Steam Deck.
Un déploiement progressif qui passe mal
Le studio suédois, fondé par d’anciens de DICE, a confirmé que ce déploiement se faisait par vagues à partir du patch 1.29.0, également référencé 1.33.0 dans certains fils de discussion. L’objectif affiché est de renforcer la lutte contre la triche dans cet extraction shooter PvPvE free-to-play, un genre particulièrement vulnérable aux cheaters en raison de son économie persistante. Embark a tenu à préciser un point important : il ne s’agit pas de Denuvo DRM, mais uniquement de la brique anti-cheat. Le module DRM est entièrement désactivé pour préserver les performances et éviter les problèmes de stabilité souvent associés à cette technologie.
Avant cette mise à jour, ARC Raiders utilisait déjà une combinaison d’Easy Anti-Cheat (EAC) et d’Anybrain, une solution de détection par machine learning. Cette configuration avait le mérite de fonctionner correctement sous Linux et SteamOS via Proton, faisant du titre l’un des rares extraction shooters accessibles sur ces plateformes. La transition vers un anti-cheat de niveau noyau change radicalement la donne.
Linux et Steam Deck : la douche froide
Les témoignages de joueurs se multiplient depuis l’activation de Denuvo Anti-Cheat. Sur les forums et les réseaux sociaux, beaucoup rapportent des erreurs de type « Prohibited Software » ou l’impossibilité pure et simple de lancer le jeu sous Linux. Certains utilisateurs affirment que le titre fonctionnait parfaitement avant cette mise à jour, ce qui rend la situation d’autant plus frustrante. Des contournements temporaires ont été évoqués, notamment l’utilisation de Proton Experimental, de la branche bleeding-edge, ou encore des ajustements autour de MangoHUD et GOverlay. Mais les résultats sont contradictoires : si quelques joueurs disent avoir récupéré l’accès après manipulation, la majorité confirme une incompatibilité persistante.
Le site GamingOnLinux, qui suit de près la compatibilité des jeux avec l’écosystème open source, avait déjà tiré la sonnette d’alarme en amont. Dans un article publié en mai 2026, il soulignait qu’Embark n’avait pas répondu à ses demandes de confirmation concernant le comportement du jeu sous Linux après l’intégration de Denuvo. Une inquiétude qui s’est malheureusement matérialisée.
Un patch aux multiples facettes
Au-delà de la polémique anti-cheat, la mise à jour 1.29.0 apporte son lot de nouveautés. Un nouveau marchand fait son apparition : Ermal, accessible à partir du niveau 25. Il permet d’échanger des matériaux et des armes en surplus, d’étendre l’espace de réserve, et propose des objets en rotation hebdomadaire (cosmétiques, plans, tokens). Côté arsenal, le lance-grenades Rascal débarque. Compacte et légère, cette arme secondaire est pensée pour affronter les machines Arc, avec des dégâts élevés mais un rechargement lent et une trajectoire capricieuse.
Le patch est aussi décrit comme un rééquilibrage économique important. Embark a partiellement allégé la pression sur la durabilité des armes et ajusté le rendement des runs pour rendre la gestion du stash moins punitive. Le Renegade a également reçu un buff, accompagné de divers correctifs de bugs. Certains observateurs estiment d’ailleurs que cette refonte de l’économie constitue le véritable coeur de la mise à jour, Denuvo n’étant que l’élément le plus visible.
Une stratégie globale chez Embark
Ce déploiement s’inscrit dans une logique plus large. Embark Studios, édité par Nexon, a déjà expérimenté Denuvo Anti-Cheat sur The Finals, son autre titre phare. Le studio parle d’un déploiement positif sur ce FPS arena, ce qui a motivé son extension à ARC Raiders. Cette mutualisation des outils techniques entre les projets est une marque de fabrique du développeur, qui partage backends et solutions anti-triche entre ses productions.
La feuille de route annoncée par Embark prévoit désormais de grosses extensions de contenu deux fois par an, entrecoupées de patchs plus modestes comme celui-ci. ARC Raiders, disponible en free-to-play sur PC (Steam et Epic Games Store), PS5 et Xbox Series, se positionne ainsi comme un service en ligne à part entière. Un modèle qui exige une protection renforcée contre la triche, mais qui laisse aujourd’hui les joueurs Linux sur le carreau.

