Une vidéo récente a enflammé les réseaux : une prétendue bande-annonce de remake de The Legend of Zelda: Ocarina of Time tournant en 1440p à 60 images par seconde. Mais derrière cette claque visuelle se cache en réalité un projet non officiel, développé par le créateur CryZENx sous Unreal Engine 5. Loin d’être une annonce de Nintendo, cette démo jouable, diffusée via Discord et Patreon, relance pourtant les discussions autour d’un éventuel retour modernisé de ce monument du jeu vidéo.
Un projet fan-made qui repousse les limites techniques
Le build le plus récent, présenté en 1440p avec un framerate stable de 60 fps, tourne sur un PC portable équipé d’un Ryzen 9 5900HX et d’une GeForce RTX 3080 Laptop. Une prouesse qui contraste radicalement avec les 240p et 20 fps de la version Nintendo 64 originale, sortie en 1998 sur une cartouche de 32 Mo. CryZENx propose une version publique de sa démo à 30 fps, tandis que les soutiens Patreon accèdent à la mouture 60 fps, centrée sur des zones emblématiques comme Zora’s River.
Le fait que la vidéo soit en 1440p/60 fps ne permet pas, à lui seul, de conclure à l’absence d’un monde ouvert. En revanche, les contenus disponibles décrivent surtout une recréation de zones précises plutôt qu’un Hyrule entièrement refondu. Un article spéculatif a bien évoqué un hypothétique remake sur Switch 2 avec une structure « niveau classique 1:1 », mais cette piste reste bien moins solide que les preuves concrètes d’un projet PC fan-made.
Ocarina of Time, un héritage colossal
Pour comprendre l’émotion suscitée, il faut replonger dans l’histoire. Cinquième épisode de la saga, The Legend of Zelda: Ocarina of Time est le premier Zelda en 3D, sorti le 11 décembre 1998 en Europe. Réalisé par Eiji Aonuma et produit par Shigeru Miyamoto, il a introduit des mécaniques devenues des piliers : le ciblage Z-targeting, le voyage dans le temps entre Link enfant et adulte, et un monde semi-ouvert articulé autour d’Hyrule Field. La cartouche N64, la plus grosse de l’époque avec ses 262 Mbit, a écoulé 6 millions d’exemplaires en huit semaines, un record Guinness.
Le jeu a connu plusieurs rééditions : une version GameCube avec le Master Quest, une sortie sur Virtual Console, et surtout un remaster sur Nintendo 3DS en 2011. Développé par Grezzo, Ocarina of Time 3D a modernisé les graphismes et l’interface tout en conservant scrupuleusement le level design d’origine. Cette approche respectueuse contraste avec la révolution ouverte de Breath of the Wild, et pose la question : un éventuel remake HD devrait-il rester fidèle à la structure en donjons, ou adopter les codes du monde ouvert ?
Entre nostalgie et modernité : quel avenir pour un remake officiel ?
La démo de CryZENx, bien que non officielle, met en lumière les attentes. Avec son moteur Unreal Engine 5, elle prouve qu’un Ocarina of Time en 1440p/60 fps est techniquement envisageable, même sur un PC portable haut de gamme. Mais Nintendo n’a annoncé aucun projet de remake, et le précédent de la 3DS montre une volonté de préserver l’expérience originale plutôt que de la réinventer. Le jeu occupe une place charnière dans la chronologie officielle, provoquant la séparation de la timeline en trois branches après le combat contre Ganondorf.
Les compositions de Koji Kondo, l’ocarina jouable, les donjons emblématiques comme le Temple de l’Eau : tout cela fait partie d’un ADN que beaucoup de fans ne voudraient pas voir dilué dans un monde ouvert systémique. La démo fan-made, en se concentrant sur des lieux iconiques, suggère qu’un retour aux sources, avec des graphismes somptueux et une fluidité parfaite, pourrait suffire à reconquérir les coeurs. En attendant une hypothétique annonce, les joueurs peuvent déjà explorer Zora’s River comme jamais auparavant, grâce à la passion d’un créateur indépendant.

