Trois copies scellees de Pokemon Red, Blue et Yellow sur Game Boy vendues pour 2 millions de dollars aux encheres.

Pokémon Red : trois copies première impression s’envolent à 2 millions de dollars

Lili · · 4 min · 0 commentaire

C’est une transaction qui fera date dans l’univers du marché collectionneur. Trois exemplaires scellés de première impression de Pokémon Red, Blue et Yellow viennent de trouver preneur pour la somme stratosphérique de 2 millions de dollars. Un montant qui propulse cette vente au rang de deuxième plus grosse transaction jamais enregistrée pour un jeu vidéo, confirmant que les cartouches Game Boy fondatrices de la saga sont devenues des pièces de musée.

Le détail d’une vente historique

Les jeux concernés sont les versions américaines originales de la première génération Pokémon, sorties sur Game Boy. Pokémon Red et Blue ont débarqué simultanément sur le marché nord-américain le 28 septembre 1998, un an avant l’Europe qui les découvrira le 5 octobre 1999. Pokémon Yellow a suivi l’année d’après, en 1999, complétant un trio devenu mythique.

Ce qui distingue ces copies, c’est leur statut de première impression, identifié par des détails précis sur la jaquette. Pour Pokémon Red et Blue, les collectionneurs traquent notamment une illustration bien spécifique au dos de la boîte : le combat entre Sandshrew et Meowth, remplacé plus tard par un affrontement Pidgey contre Rattata lors des tirages ultérieurs. Ces nuances, invisibles pour le joueur lambda, sont devenues des marqueurs de rareté absolue.

Les trois exemplaires sont en état scellé et ont été notés par des sociétés de grading, une condition sine qua non pour atteindre de tels sommets. La certification garantit l’authenticité du blister d’origine et évalue l’état général de la boîte, du manuel et de la cartouche, créant une échelle de valeur qui peut multiplier les prix par dix.

Aux racines d’un phénomène mondial

Pour comprendre une telle enchère, il faut revenir à la genèse de la licence. Pokémon Red Version, développé par Game Freak sous la direction de Satoshi Tajiri, n’est pas un simple jeu : c’est le point de départ d’une franchise qui dépasse aujourd’hui les 400 millions d’unités vendues dans le monde. Au Japon, le duo fondateur Pocket Monsters Red et Green sort le 27 février 1996, suivi par Pocket Monsters Blue le 15 octobre 1996. L’édition occidentale puise dans le code et le script de cette version japonaise, tout en conservant la répartition des créatures de la paire Rouge/Vert.

Le jeu posait déjà les fondations de la formule Pokémon : capturer, échanger et compléter le Pokédex grâce au câble Link de la Game Boy. Certaines espèces étant exclusives à une version, l’échange était structurellement indispensable pour tout collectionner. L’exploration de la région, les combats au tour par tour, la progression par badges et l’affrontement contre la Team Rocket définissent un modèle qui reste reconnaissable presque trente ans plus tard.

Les chiffres de ventes donnent le vertige : 10,22 millions d’exemplaires écoulés au Japon pour le triptyque Red/Green/Blue, 11,27 millions en Amérique du Nord et 8,89 millions en Europe. L’anime Pokémon, diffusé dès le 7 septembre 1998 au Japon, a précédé le lancement occidental des jeux, créant une attente phénoménale avant même l’arrivée des cartouches.

Un marché en pleine explosion

La vente groupée à 2 millions de dollars s’inscrit dans une tendance lourde. Ces dernières années, les enchères pour des copies scellées de la première génération n’ont cessé de grimper. Un exemplaire de Pokémon Red s’était déjà envolé à 81 250 dollars chez Heritage Auctions, avec des estimations suggérant qu’il faudrait désormais 100 000 dollars pour convaincre son propriétaire de s’en séparer. Plus récemment, une autre copie a atteint 118 750 dollars.

Pokémon Blue suit une trajectoire comparable : une vente à 38 000 dollars a été suivie par un sommet à 106 250 dollars. Pokémon Yellow, souvent un cran en dessous, a tout de même trouvé preneur à 30 000 dollars, puis 32 500 dollars. Ces écarts entre versions s’expliquent par les quantités produites, l’état des copies et la demande spécifique pour chaque titre. Le marché s’appuie sur des plateformes comme Heritage Auctions, PriceCharting, eBay et des guides spécialisés qui permettent aux collectionneurs de s’y retrouver.

La valeur de ces cartouches dépasse largement la simple nostalgie. Elles représentent l’acte de naissance d’une licence devenue planétaire, à une époque où le jeu portable et la connectivité entre consoles relevaient encore de l’innovation. La rareté des exemplaires de première impression en état scellé, couplée à une demande collector qui ne faiblit pas, transforme chaque vente en événement. Et avec un tel record, le message est clair : le marché du jeu vidéo de collection n’a pas fini de nous surprendre.

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