Une nouvelle tendance secoue la communauté des cartes Pokémon : des vidéos de défis d’achat opposant les deux géants américains de la distribution. Le concept est simple mais diablement efficace : se rendre chez Target et Walmart avec un budget défini, comparer les offres et ouvrir les boosters pour savoir quel magasin offre la meilleure expérience.
Un défi à 50 ou 75 dollars
Plusieurs créateurs de contenu ont déjà relevé le gant. L’un des formats les plus représentatifs propose un budget de 50 dollars par enseigne pour un duel en tête-à-tête, où chaque achat est scruté avec attention. Une version « ultimate » fait monter les enchères à 75 dollars de cartes Pokémon chacun, élargissant la comparaison à la sélection disponible et au rapport valeur/prix des produits dénichés. Les vidéos se multiplient et posent une question qui attise la curiosité : Target ou Walmart a les meilleures cartes Pokémon ?
Trois critères pour départager les géants
Pour ne rien laisser au hasard, les participants auscultent les rayons selon trois axes principaux : le prix des boosters et des coffrets, la disponibilité des dernières séries et la qualité des pulls, ces cartes rares que l’on rêve de révéler à l’ouverture. Le verdict varie d’une vidéo à l’autre, mais l’engouement est là, rappelant que la chasse aux pépites du JCC Pokémon reste un sport national chez les collectionneurs.
La grande histoire du JCC Pokémon
Si ce challenge fait autant réagir, c’est parce que le JCC Pokémon ne s’est jamais aussi bien porté. Tout commence au Japon en 1996, quelques mois après le lancement des premiers jeux vidéo Pocket Monsters Red & Green sur Game Boy. Le tout premier set est édité par Media Factory, marquant l’acte fondateur du jeu de cartes moderne. Auparavant, Bandai avait déjà commercialisé des Pocket Monsters Carddass Trading Cards en septembre de la même année, mais sans la mécanique de combat qui deviendra la marque du JCC.
L’internationalisation survient en 1999, lorsque Wizards of the Coast, l’éditeur de Magic: The Gathering, prend en main la distribution aux États-Unis et en Europe. Ce partenariat dure jusqu’au début des années 2000. En 2003, Nintendo et The Pokémon Company récupèrent les droits hors Japon, puis, à partir de 2013, la maison mère supervise directement toutes les éditions mondiales, y compris la version japonaise.
Un marché colossal et une fièvre collectionneuse
Ces défis entre Target et Walmart s’inscrivent dans un contexte de popularité record. Selon National Geographic, plus de 30 milliards de cartes Pokémon ont été imprimées depuis l’origine, chiffre qui illustre la puissance de cet écosystème transmedia nourri par les jeux vidéo, l’anime et les mangas. Le marché de la collection a explosé : un deck complet de 1999 a été adjugé à 107 000 dollars, signe que certaines pièces anciennes atteignent une valorisation patrimoniale exceptionnelle.
Les mécaniques de jeu n’ont cessé d’évoluer, des Pokémon-ex aux Pokémon Obscurs, en passant par l’irruption des cartes Trainer. Chaque nouvelle génération vidéoludique apporte son lot de complexité et excite le marché spéculatif. Les premières cartes japonaises, aux codes de rareté différents des éditions occidentales, restent parmi les plus recherchées des collectionneurs aguerris.
Quand Target suspendait les ventes
La frénésie peut parfois déborder. En mai 2021, Target a dû suspendre temporairement la vente de cartes à collectionner, y compris les cartes Pokémon, à partir du 14 mai, face à des comportements agressifs en magasin. Walmart, de son côté, avait indiqué ne pas avoir pris de mesure similaire. Ce rappel historique donne un relief tout particulier aux challenges actuels : dénicher des boosters en rayon n’a jamais été un acte anodin.



