Alors que les rumeurs autour d’un hypothétique Pokémon « Winds and Waves » agitent la communauté, un jeu sorti en 2020 prouve que le monster-collecting peut encore surprendre. Monster Sanctuary, développé par le petit studio allemand Moi Rai Games, est ce gemme indé qui ramène déjà de nombreux joueurs sur leur Nintendo Switch 2. Son cocktail unique de capture de monstres et d’exploration metroidvania en 2D mérite bien mieux qu’un simple coup d’oeil nostalgique.
Un metroidvania qui capture les monstres autrement
Contrairement à Pokémon, Monster Sanctuary ne se contente pas de reproduire une formule éculée. Dès les premières minutes, le jeu impose sa vision : exit les captures aléatoires avec des objets, place à un système d’oeufs que l’on récupère après avoir vaincu ses adversaires. Chaque monstre éclos devient un véritable atout dans l’exploration, puisqu’il offre des capacités comme le double saut, la destruction de murs ou le gel de l’eau pour ouvrir de nouvelles zones. Le level design, pensé comme un labyrinthe 2D à backtracking, transforme la chasse aux créatures en une aventure de plateforme exigeante. Disponible sur Nintendo Switch (696 Mo de stockage seulement, sorti le 8 décembre 2020) et bien sûr compatible avec la Nintendo Switch 2, le titre de Moi Rai Games est aussi à l’aise en mode portable que sur grand écran.
Le jeu, édité par Team17, avait déjà fait ses armes sur Steam en accès anticipé dès août 2019 avant d’atteindre sa version 1.0 simultanément sur PC, PlayStation 4, Xbox One et Switch, avec une inclusion remarquée dans le Xbox Game Pass au lancement. Le studio, fondé et dirigé par Denis Sinner (un vétéran passé par Might & Magic et Tropico), a misé sur une direction artistique en pixel art qui privilégie la lisibilité des interfaces et la complexité des arbres de compétences, au détriment de toute surenchère technique.
Des combats tactiques à la profondeur insoupçonnée
Là où Monster Sanctuary se démarque vraiment, c’est par son système de combat au tour par tour en 3 contre 3. Oubliez les affrontements binaires où seul le niveau compte : ici, chaque monstre dispose d’un arbre de compétences complet, avec plusieurs branches pour le spécialiser en tank, soigneur ou DPS. Il peut également s’équiper de multiples pièces d’armure et d’armes, à la manière d’un RPG classique, alors que Pokémon limite à un seul objet tenu. Les synergies élémentaires, les combos de buffs et debuffs, et le fameux score de combat (qui améliore le loot selon votre efficacité) poussent à une optimisation permanente. Construire une équipe n’est plus une simple question de types, mais un exercice de theorycrafting digne des RPG tactiques les plus pointus.
Cette approche plus « PC indé exigeant » que « blockbuster familial » est assumée. Le jeu contient plusieurs dizaines de monstres (le chiffre exact n’est pas communiqué, mais la collection complète reste un objectif de très longue haleine), tous dotés de capacités d’exploration uniques. Un contenu endgame et une zone supplémentaire ont été ajoutés avec la sortie définitive, prolongeant l’aventure principale à environ 25 à 40 heures selon le degré d’exploration. Même un mode PvP asynchrone est présent, idéal pour les dresseurs voulant tester leurs créations en ligne.
Un RPG indé pensé pour les dresseurs exigeants
Le lore, bien que classique, habille l’ensemble avec suffisamment de mystères pour donner envie de fouiller les recoins. On incarne le plus jeune héritier d’une lignée de Monster Keepers, chargé de protéger le Sanctuaire, un monde séparé du reste de l’humanité. Des créatures démoniaques échappées de dimensions parallèles, d’anciens reptiles transformés en dragons, une graine d’arbre-monde magique… les notes disséminées dans l’univers ajoutent une couche de background appréciable sans jamais ralentir l’action. Le scénario n’est peut-être pas le point fort, mais il sert efficacement l’exploration et le « farming » de monstres.
Sorti au prix de 19,99 euros, Monster Sanctuary a su s’imposer par sa proposition hybride. Les tests, très positifs sur Steam, saluent le mélange réussi entre Pokémon-like et metroidvania, une réussite indé que la presse spécialisée n’a pas manqué de remarquer. Sans devenir un carton commercial, le titre a bénéficié d’une exposition bienvenue grâce à l’accès anticipé et au Game Pass, réunissant une communauté active toujours à l’affût d’équilibrages et de nouveaux défis.
Les alternatives Pokémon sur Switch à ne pas négliger
Monster Sanctuary n’est pas le seul à occuper le créneau du monster-collecting sur Switch. À ses côtés, d’autres titres comme Monster Hunter Stories 2: Wings of Ruin, Temtem, Digimon Story Cyber Sleuth: Complete Edition, Siralim Ultimate, Cassette Beasts ou encore Doki Monsters: Quest (avec ses plus de 140 créatures à entraîner) offrent chacun leur vision du genre. Mais aucun ne pousse aussi loin l’intégration d’une structure metroidvania dans un système de combat aussi pointu. Alors que l’on attend toujours des nouvelles officielles de Pokémon Winds and Waves, rallumer sa Switch 2 pour un jeu comme Monster Sanctuary est une claque vidéoludique dont on aurait tort de se priver. Une belle manière de patienter… ou de redéfinir ce que l’on attend vraiment d’un jeu de capture de monstres.

