La version ultra-compressee de GTA 5 affiche Rockford Hills avec des textures degradees et un framerate tres bas sur un ecran de PC.

GTA 5 : la version ultra-compressée fait fondre le poids… et les performances

Lili · · 3 min · 0 commentaire

Imaginez réduire Grand Theft Auto V, un jeu d’environ 120 Go, à une archive de seulement 2,5 Go. C’est le défi relevé par un moddeur connu sous le pseudo Optigos (ou Optijuegos), avec une version « ultra-compressée » qui élimine 98 % des fichiers d’origine. Le résultat est aussi fascinant qu’injouable : le jeu se lance, mais ne conserve qu’un seul quartier, Rockford Hills, et peine à dépasser les 7 images par seconde.

Un projet de compression radicale

Cette version expérimentale de GTA 5, parfois baptisée « optic WGO version », s’attaque à l’un des jeux les plus massifs de l’histoire. Selon les démonstrations publiées sur YouTube, la copie originale varie selon les versions : 95 Go pour la version Enhanced, 119 Go pour la Legacy, et jusqu’à 120 Go pour l’édition standard sur PC. Après compression, le poids fond à 2,48 Go, un chiffre quasi symbolique.

Pour y parvenir, le mod supprime pratiquement tout le contenu : missions, cinématiques, bande-son et la quasi-totalité de la carte disparaissent. Seul Rockford Hills, le quartier huppé de Los Santos inspiré de Beverly Hills, reste fonctionnel. On peut encore y marcher ou conduire, mais le reste de San Andreas n’est plus qu’un souvenir.

GTA 5, un colosse technique devenu terrain d’expérimentation

Développé par Rockstar North et sorti en 2013, GTA 5 est un monstre de données. Avec un budget de développement estimé à 137 millions de dollars (plus de 265 millions en incluant le marketing), il mobilise jusqu’à 1000 personnes et exploite le moteur RAGE pour donner vie à l’État fictif de San Andreas, un monde ouvert foisonnant peuplé de trois protagonistes interchangeables : Michael, Franklin et Trevor. Le jeu s’est écoulé à 230 millions d’exemplaires, ce qui en fait le deuxième titre le plus vendu de tous les temps, juste derrière Minecraft.

Ses multiples versions (PS3, PS4, Xbox 360, One, PC, puis PS5 et Series X/S en 2022) ont alourdi les fichiers au fil des mises à jour, notamment avec les ajouts massifs de GTA Online. Sur PC, l’installation dépasse souvent les 100 Go, obligeant à jongler avec des options graphiques complexes pour maintenir des performances décentes. Cette densité explique pourquoi une compression aussi drastique met à mal le streaming des données : le jeu doit décompresser en temps réel des assets très sollicités, ce qui étouffe le processeur.

7 FPS et un PC à genoux : le prix de la compression

Les tests montrent que cette build n’est pas pensée pour jouer. Le framerate plafonne à 7 FPS, même sur des machines capables de faire tourner le jeu original en ultra. La faute à une surcharge CPU : les textures et modèles ultra-réduits ne sont pas optimisés pour le streaming, provoquant des accès disque anarchiques et des micro-saccades. Les vidéos de démonstration confirment que l’expérience se limite à explorer un fragment de carte vidé de ses activités.

Ce projet rejoint une longue tradition de défis techniques absurdes, comme faire tourner Doom sur un grille-pain ou porter Super Mario 64 sur PlayStation 1. Ici, l’exploit ne réside pas dans le rendu visuel, mais dans la réduction du poids à une fraction ridicule, quitte à sacrifier toute jouabilité.

Un héritage qui dépasse le jeu

GTA 5 reste un pilier de l’industrie, à la fois par ses ventes records et par sa longévité via GTA Online, régulièrement enrichi de braquages, véhicules et modes inédits. Les versions next-gen ont même ajouté du ray tracing et des temps de chargement quasi instantanés, preuve que Rockstar continue de repousser les limites techniques. Pourtant, une version compressée à 2,5 Go rappelle que l’optimisation est parfois un art de l’équilibre précaire : moins de données ne rime pas toujours avec fluidité.

Alors que GTA 6 se profile à l’horizon, ce genre d’expérimentation montre à quel point la communauté s’approprie les jeux monumentaux pour en révéler les coulisses techniques. Une chose est sûre : faire tenir un monde ouvert de 100 Go dans une clé USB de poche reste pour l’instant un rêve aussi séduisant qu’instable.

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