Deux joueurs de Fortnite bannis apres une fraude aux bots sur les iles creatives.

Fortnite : Epic Games obtient le bannissement définitif de deux fraudeurs

Lili · · 4 min · 0 commentaire

L’affaire aura fait grand bruit dans la communauté des créateurs de Fortnite. Epic Games a obtenu le bannissement définitif de deux joueurs du Michigan, Idris Nahdi et Ayob Nasser, accusés d’avoir orchestré une vaste fraude aux bots pour gonfler leurs revenus sur les îles personnalisées du battle royale. Une issue qui marque la fin d’un procès intenté en octobre 2025 et qui envoie un signal fort aux créateurs tentés par la triche.

Le stratagème des îles fantômes

Pour comprendre la colère d’Epic, il faut plonger dans le programme Island Creator de Fortnite. Depuis le lancement du mode Créatif, et plus encore avec l’arrivée de l’Unreal Editor for Fortnite (UEFN), les créateurs peuvent publier leurs propres cartes et être rémunérés en fonction de l’engagement généré : temps de jeu, nombre de visiteurs, rétention… Un modèle qui a déjà permis à des milliers de développeurs amateurs de vivre de leurs créations.

C’est ce système que les deux résidents de Dearborn, dans le Michigan, ont méthodiquement détourné. Entre décembre 2024 et février 2025, ils ont mis en ligne plusieurs îles sous de faux comptes, avant de déployer une armée de bots. Selon les documents judiciaires, entre 15 000 et 20 000 comptes automatisés ont simulé des sessions de jeu pour faire artificiellement grimper les statistiques. Résultat : sur dix îles contrôlées, neuf affichaient plus de 80 % d’engagement artificiel. Une manipulation qui leur aurait rapporté des dizaines de milliers de dollars de paiements indus, avant qu’Epic ne bloque les virements de janvier et février 2025 après avoir détecté l’anomalie lors des versements de décembre.

Une plainte aux lourdes conséquences

Le 7 octobre 2025, Epic a porté l’affaire devant le tribunal fédéral du District Est du Michigan. La plainte invoquait plusieurs motifs : violation de contrat pour non-respect des conditions d’utilisation, contrefaçon de droits d’auteur sur les oeuvres protégées du jeu, et fraude à l’encontre d’Idris Nahdi. L’éditeur réclamait des dommages-intérêts non chiffrés ainsi qu’une interdiction pour les deux hommes de créer de nouveaux comptes Epic ou de participer à Fortnite et à tout autre contenu de la plateforme.

La riposte ne s’est pas limitée au tribunal. Comme l’a confirmé un porte-parole d’Epic : « Nous engageons des poursuites contre deux développeurs UEFN qui ont utilisé des bots pour gonfler le nombre de leurs joueurs. Nous avons également retiré leurs îles et ils sont bannis de Fortnite. » Les deux joueurs ont en effet été immédiatement bannis, avec l’obligation de détruire toutes les copies du jeu en leur possession. La procédure a abouti à une interdiction définitive de jouer à Fortnite et d’accéder à tout serveur ou produit Epic, scellant ainsi l’issue judiciaire de l’affaire.

Protéger l’économie interne du jeu

Cette affaire n’est pas un cas isolé. Elle s’inscrit dans une stratégie plus large d’Epic pour préserver l’intégrité de l’écosystème Fortnite. Le jeu, lancé en 2017, est devenu bien plus qu’un battle royale : c’est une plateforme de création et de contenu, où les marques et les artistes investissent pour toucher des millions de joueurs sur PC, PlayStation, Xbox, Switch ou mobile. Le programme de rémunération des créateurs repose sur la fiabilité des métriques de fréquentation ; une fraude aux bots fausse la répartition des gains et menace la confiance des partenaires.

Epic n’en est pas à son premier combat juridique. On se souvient des procès retentissants contre Apple et Google, qui ont conduit au retrait de Fortnite des stores mobiles en 2020, ou encore de la plainte de parents en 2025 dénonçant de fausses promotions dans la boutique d’objets – une plainte qui a poussé l’éditeur à supprimer le compte à rebours de certaines offres. Dans chaque cas, l’entreprise utilise à la fois les armes contractuelles et la protection du droit d’auteur pour faire respecter ses règles, quitte à poursuivre des joueurs ou des créateurs devant les tribunaux.

Un avertissement pour la communauté des créateurs

Pour les milliers de créateurs qui peuplent l’univers UEFN, le message est limpide. Gonfler artificiellement les chiffres d’engagement avec des bots ou des comptes multiples expose à des sanctions allant bien au-delà d’un simple bannissement technique. Epic se réserve le droit d’aller chercher des dommages civils et de rendre l’interdiction d’accès définitive – une épée de Damoclès qui devrait dissuader les plus malins. De quoi renforcer la crédibilité d’un modèle économique qui a déjà redistribué des centaines de millions de dollars aux créateurs légitimes.

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